‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 359 sur 417 · PLUTARQUE : VIE DE SYLLA · texte numérisé non relu

PLUTARQUE : VIE DE SYLLA

lions à l'aide de ses cahiers de notes (1). Ce procédé, si Ton y réfléchit, était presque imposé , d'ailleurs , par la nature des livres ou rouleaux antiques, qui ne se prêtait guère aux recherches rapides et à la consultation simultanée de plusieurs volumes. Quoique Plutarque ne cite pas toujours ses autorités aussi consciencieusement que l'exigeraient nos habitudes modernes, il n'est pas difficile de déterminer la source principale de chacune des trois biographies mithridatiques.

Dans la Vie de Stjlla, Plutarque cite, une fois chacun, Juba (c. 16), Strabon (c. 26), Fenestella (c. 28), Salluste [Parallèle, c. 3); une dizaine de fois les Commentaires de Sylla, et cela dans toutes les parties de la biographie, souvent même textuellement (2). On ne saurait donc douter que ces Commentaires n'aient fourni la trame de toute la biographie (3) ; Plutarque n'a pris des notes ailleurs que pour les événements qui l'intéressaient particulièrement, en sa qualité de Béotien, comme la bataille de Ghéronée. Sur ce sujet et sur celui de la bataille d'Orchomène il a pu utiliser, outre les documents écrits, ses observations personnelles et la tradition locale (4).

Dans la Vie de Lucullus, Plutarque cite accessoirement et incidemment Sylla (c. 23), Strabon (c. 28) et Cornélius Népos (c. 43), sans parler du philosophe Antiochus (5) (c. 28) èt du poète Horace (c. 39). Salluste (c. 11;33) et Tite-Live (c. 28;31) obtiennent chacun deux citations : c'est entre ces deux auteurs qu'il faut choisir le guide principal de Plutarque. L'hésitation serait permise si le rapprochement des fragments de Salluste avec le texte de Plutarque ne prouvait de la manière la plus évidente que l'historien grec a donné la préférence à l'auteur le

(1) Sur ce sujet voir Heeren, De fontihus et anctoritate vitarum paraUelarum Plutarchi, Gœttingen^ 1820, et surtout H. Peter, Die Quellen Plutarchs in den Biographien der Rœmer, Halle, 1865.

(2) Pour les guerres mithridatiques en particulier Sylla est cité à propos de la prise d'Athènes (c. 14), de la position de Philobéotos (16), des pertes de l'armée romaine à Chéronée (19), des présages qui annoncent la bataille d'Orchomène (17), et des soupçons planant siu- les rapports de Sylla avec Archélaos (23).

(3) En ce sens Peter, op. cit., et Sterixga Kuyper, De fontihus Plutarchi et Appiani in vita Siillœ enarranda, diss. Utrecht, 1882. C'est à tort que Klebs, De scriptorihus œtatis Sullanœ, Berlin 1876, et Lelt, Plutarchus et Apinnnus de bellis mithridaticis , Amst. 1879, ont fait de Tite-Live la source principale de Plutarque : il paraît ne l'avoir même pas consulté. De même , dans la Vie de LucuUus , c'est certainement à Sylla que Plutarque a emprunté l'histoire des opérations maritimes de Lucullus pendant la l^'* guerre (c. 2-3). On ne doit pas oublier que les Mémoires du dictateur furent publiés par Lucullus.

(4) Ainsi l'emplacement du camp pontique devant Chéronée avait conservé le nom d'Archélaos (c. 17) : dans les marais d'Orchomène on trouvait encore des armes barbares (c. 21), etc.

(5) Il s'agit d' Antiochus d'Ascalon, restaurateur de l'ancienne Académie, qui fit toute la campagne d'Arménie dans l'état-major de Lucullus. Cf. Cicéron, Acad. prior. II, 2, 4; Plutarque, LucidJ. 42, Cic. 4. L'ouvrage cité est le Tlept ôeûv.

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