‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 362 sur 417 · APPIEN · texte numérisé non relu

APPIEN

racontait sur ce sujet (fr. 3 Miiller = Strabon, XI, o, 1). Quant à Tite- Live, pour s'assurer que Plutarque l'a systématiquement dédaigné, il suffit de constater que notre auteur est muet sur la fameuse expédition en Médie , tant vantée par Orose.

Sylla, Salluste, Théophane, telles sont en définitive les autorités auxquelles Plutarque s'est attaché pour tracer son tableau des guerres mithridatiques. Dans chaque cas, il faut lui rendre cette justice qu'il a choisi le meilleur guide, le plus rapproché des événements et le mieux informé. On ne doit pas davantage le critiquer pour le choix des détails historiques : s'il passe rapidement sur beaucoup de faits de guerre pour insister sur les batailles décisives et les « traits de caractère » , c'est parce qu'il fait œuvre de biographe et non d'historien. Les torts de Plutarque sont d'une autre nature; je les ramène à trois. 1" Il accepte, sans un contrôle suffisant, les données de ses sources : les fabuleux effectifs d'Archélaos et de Tigrane , les chiffres dérisoires des pertes de Sylla et de LucuUus ; il ne s'insurge ou ne laisse percer un doute que lorsque les assertions de son guide choquent trop évidemment le bon sens {Sylla, c. 23), la vérité {Luc. 11) ou l'honnêteté {Pomp. 37). 2° Il entremêle son récit de prodiges et de fables , parfois empruntés à l'épopée, qui n'ont d'autre but que de divertir un lecteur superstitieux. 3" Il présente systématiquement (sauf dans une partie de la Vie de Pompée) les faits d'une manière favorable à son héros, confondant ainsi deux genres voisins, mais distincts, la biographie et le panégyrique. Ajoutons que Plutarque est fort insouciant de la chronologie ; il suit l'ordre des temps, mais il ne donne point de dates, ou lorsqu'il en donne, c'est le mois et le jour, sans l'année (prise d'Athènes, bataille de Tigranocerte).

27. Appien (1), contemporain d'Adrien et d'Antonin le Pieux, a consacré un livre entier de son Histoire romaine (le 12^ ou MiôptSareioç) aux guerres de Mithridate contre les Romains et à quelques événements qui s'y rattachent plus ou moins étroitement : histoire de la Bilhynie (c. 1-7), guerre des Pirates (c. 92-96), conquêtes orientales de Pompée (c. 106), son triomphe (c. 116-118), sort de Pharnace et des États pontiques (c. 120-121). C'est le seul récit suivi et détaillé que nous ayons de ces guerres ; encore faut-il observer que le développement est très inégal : la première guerre occupe à elle seule autant d'espace (c. 11-63) que tout le reste; quant aux origines du royaume de Pont et aux trente premières années de Mithridate, elles sont à peine esquissées (c. 8-10).

Les autorités d'Appien sont plus difficiles à déterminer que celles de Plutarque, car il ne les cite pour ainsi dire jamais; lorsqu'il le fait, il

(1) J'ai cité d'après l'édition Mendklssohx (Teuhner. 1879).

Page 1