DEUXIÈME GUER!?E
vient et déclare la guerre. En outre , le fils de Mithridate est appelé ici (c. 10 et 15) Ariarathc, ce qui était son nom officiel , confirmé par les médailles, Justin et Plutarque [Syll. 11 , Pomp. 37); or dans la suite du récit, il prend le nom d'Arcathias (c. 17, 18, 35), quoiqu'il s'agisse évidemment du même personnage. Enfin le ton du récit est plutôt défavorable à Rome, ce qui exclut l'idée d'un emprunt à Tite-Live, l'historien patriote par excellence. Appien suit probablement ici une source grecque, Posidonius par exemple.
Pour la première guerre mithridatique , jusques et y compris la réorganisation de l'Asie romaine par Sylla, Tite-Live est la source unique ou principale d'Appien (c. 17-03) (1). Gela résulte du parfait accord de notre auteur avec la tradition livienne, même sur des points de détail comme les pertes des deux armées à la bataille de Ghéronée {Mith. 45 = Eutrope V, 6, 3; Orose YI, 2, 5) (2), celles des Asiatiques à la bataille d'Orchomène {Mith. 49 = Eutrope ib.,) (3), les 1600 suspects exécutés dans les villes d'Asie {Mith. 48 = Orose YI, % 8). On notera aussi les parallélismes suivants : Mith. 22 = Orose Y, 18 (vente des biens sacrés) ; Mith, 27 = Obsequens, c. 56 (prodiges de Rhodes et de Patara) ; Mith. 00 = ep. 83 (mort de Fimbria) et surtout le passage où Appien {Mith. 53) fait allusion à « certains auteurs qui racontent que le Palladium fut trouvé intact sous les ruines d'Ilion ». Ges « certains auteurs » sont Tite-Live et ses imitateurs (cf. Augustin, Civ. Dei III, 7; Obsequens, c. 56, 25). Gomme contre-épreuve, il est facile de s'assurer qu'Appien, dans tout ce récit, ne doit rien aux deux auteurs qui pouvaient balancer l'autorité de Tite-Live, Posidonius et Sylla (ou Plutarque). Il diffère de Posidonius sur le nom du tyran d'Athènes {Mith. 28 = Posidonius, fr. 41) et il ne reproduit pas un détail caractéristique sur le traitement des Ghiotes {Mith. 47 — Posidonius , fr. 39). Quant à Plutarque (Sylla), Appien est en désaccord avec lui sur la campagne de Bruttius Sura {Mith. 29 = Sijl. 11), sur la parenté de Diogène avec Archélaos, sur le nombre des morts de Ghéronée (12 chez Plutarque, 13 chez Appien), etc.. Si néanmoins, dans l'ensemble , les deux auteurs sont conformes, c'est que Tite-Live, qu'a suivi Appien, avait utilisé, quoique librement , les Mémoires du dictateur, source de Plutarque.
La deuxième guerre ou guerre de Muréna {Mith. 64-67) n'est plus prise dans Tite-Live, carie ton général du récit est peu favorable à Rome. Appien insiste sur la défaite de Muréna qui , à Rome , passait pour avoir remporté la victoire (voir les discours de Gicéron); il raconte qu'Ar-
(1) En ce sens R. Jordan, De Jontibus Appiani in bellis Mithridaticîs enarrandis , diss. Goettingen, 1872. Travail sagace, mais qui a le tort d'étendre à l'ensemble du Mithridate ce qui n'est vrai que de la l'^ guerre.
(2) Le texte de la Periocha 82 est ici altéré ; au lieu de C il fai?.t lire CX. (H) Orose donne par erreur L au lieu de XV.