SON ASSASSINAT
Font avait dû renouveler les traités militaires de Pharnace et acquérir une sorte de protectorat, sans lequel ses prétentions sur la Plirygie auraient manqué de base. Cette dernière province même, il parait Favoir occupée sans attendre la décision finale du sénat romain (1). Le monde gréco-asiatique ne s'entretenait que des vastes projets, des formidables armements de Mithridate, et son général Dor3laos, alors en Crète, se faisait la main en gagnant une bataille pour les gens de Cnosse sur leurs ennemis héréditaires, les gens de Gortyne. Une tragédie de sérail renversa brusquement tout cet échafaudage politique et militaire. Un soir que le vieux roi banquetait dans son palais de Sinope, il fut assassiné par quelques-uns de ces courtisans de haut parage qu'on appelait « les amis du roi ». Aussitôt on exhiba un testament du roi, vrai ou supposé, aux termes duquel la couronne devait être divisée entre sa veuve et ses deux jeunes fils, encore mineurs (2). Les assassins du père devinrent les tuteurs des enfants. Dans cette catastrophe imprévue, qui anéantissait en un jour l'œuvre d'un demi-siècle de patients efforts, il est difficile de ne pas soupçonner la main de la reine, et derrière la reine, celle du sénat romain, qui partagea avec elle les bénéfices du crime (120 av. J.-C.)(3).
(1) C'est ce que prouvent les legs relatifs à la Phrygie dans le testament d'Evergète (iûsc. citée, App. II, n'^ 4).
(2) Strabon X, 4, 10. Cf. Justin XXXVII, 1 ; Memnon c. liO.
(8) La date résulte de la durée du règne d'Eupator (57 ans d'après Appien, Jfith. 112) combinée avec la date de sa mort (63 âv. J.-C. d'après Cicéron et Orose, VI, 6).