‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 39 sur 417 · LA MÈRE DE MITHRIDATE · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE MITHRIDATE

Bon (1) » ; ses sœurs étaient au nombre de cinq : deux Laodice, Roxane, Statira et Nysa. La plus âgée des Laodice, qui paraît avoir été Tainée de toute la famille, épousa de bonne heure le roi de Cappadoce, Ariarathe Épiphane, et, plus tard, le roi de Bithynie, Nicomède II. La seconde Laodice devait épouser son propre frère, Mithridate Eupator; les trois autres princesses paraissent ne s'être jamais mariées (2).

La mère de Mithridate Eupator était une princesse syrienne, appelée, comme ses filles, Laodice. Il est extrêmement probable qu'il faut reconnaître en elle la fille d'Antiochus Épiphane, ce roi fanatique d'hellénisme et d'uniformité, dont les contemporains ne surent jamais s'il était un homme de génie ou un fou. Après la mort d'Antiochus Épiphane, son fils, le jeune Antiochus Eupator, fut détrôné et tué par son cousin Démétrius Soter, l'héritier légitime de la couronne des Séleucides (162 avant J.-C). La petite Laodice fut mise en sûreté à Rhodes, et quelque temps après, son tuteur Héraclidès la conduisit à Rome, accompagnée d'un jeune garçon, qu'on donnait mensongèrement pour un second fils d'Antiochus Épiphane : en réalité cet imposteur s'appelait Alexandre Bala. Malgré l'évidence de la supercherie, le sénat, qui redoutait les talents de Démétrius, prêta l'oreille au roman d'Héraclidès et l'autorisa à ramener ses pupilles en Syrie, au besoin par la force. L'issue de l'aventure fut extraordinaire. Alexandre triompha de son rival et s'assit sur le trône de Syrie (152 av. J.-C), mais il ne jouit pas longtemps de sa victoire : sa mollesse, sa dissipation, les cruautés de son ministre Ammonios indignèrent ses sujets, et six ans après, le fils de Démétrius, sortant de sa retraite, vainquit l'usurpateur, qui périt dans sa fuite. La jeune Laodice, enveloppée dans la ruine de son prétendu frère, fut, pour la seconde fois , obligée de s'expatrier; c'est alors sans doute que Mithridate Évergète l'épousa, pour faire sa cour au sénat romain. Il introduisait ainsi dans son palais un instrument

(1) Le frère est mentionné, sans nom, par Strabon, Memnon, etc. Le nom et le surnom nous ont été révélés par deux dédicaces déliennes, App, n^s 5 et 6. Le surnom rare de Chrestos , porté dès le iii^ siècle par le tyran d'Héraclée, Denj's, est également celui du roi contemporain de Bithjmie, Socrate, frère de Nicomède III.

(2) Laodice I : Justin XXXVIII, 1 et 2. (Comme son fils commande une armée en 100/99 av. J.-C, elle doit être née vers 140.) Laodice II : Justin XXXVII, 3 ; Valère Maxime I, 8, cxt. 115. Roxane et Statira : Plutarque, Luc. 18 (elles étaient alors, en 7J , Trepl xeaffapàxovTa êxr] Tiap6£V£u6[j.evai, ce qui place leur naissance vers 12G av. J.-C). Nysa : Plutarque, Luc. 18.

Page 1