‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 4 sur 417 · HISTOIRE DE CIOS AVANT LES MITHRIDATE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE CIOS AVANT LES MITHRIDATE

comme la plupart des villes de la Propontide, reçut ses colons de Milet (1). Elle se soumit aux Perses du temps de Cyrus; sous Darius, elle prit part à la grande insurrection ionienne, et le gendre du roi, Hyméas , dut la réduire par la force en 499 av. J.-C. (2). Après les guerres médiques, elle secoua de nouveau le joug avec l'aide d'Athènes, qui la compta désormais parmi ses tributaires; mais le chiffre modique de son tribut annuel, — mille drachmes (3), — prouve que son commerce n avait pas encore pris de développement : Cios était éclipsée par sa puissante voisine, Cyzique. Quand l'empire maritime d'Athènes s'écroula, les Perses reparurent à Cios : à quel moment précis, nous ne saurions le dire, mais ce fut sans doute pendant l'époque troublée qui suivit le traité d'Antalcidas qu'un de ces nobles Perses en quête d'aventures, tels qu'on en rencontrait alors sur les côtes de l'Asie Mineure (4), profita de l'anarchie générale pour s'emparer de Cios et y fonder une dynastie de tyrans (5).

La famille des Mithridate, — car tel fut le nom le plus ordinaire parmi les dynastes (G) de Cios, — était de très bonne noblesse perse. Elle rattachait son origine à l'un des six seigneurs perses qui se conjurèrent contre le mage avec Darius, fds d'Hystaspe (7); plus tard, les prétentions ancestrales des Mithridate

(1) Aristote dans les Fragmenta liist. yraec. de Millier, II, 1(51. Cios aurait été le chef .le la colonie milésienne.

(2) Hérodote V, 122. Hyméas, gendre de Darius : V, IIG.

(3) Voir les listes de tributaires à partir de l'Ol. 83, 4 (C. I. A. I, 236 suiv.). La quotepart de Pallas (1/60* du tribut) est de l(i drachmes 4 oboles. — Le tribut de Cios est égal à celui d'Éléa et l'on remarquera qu'Alexandre offrit à Phocion le choix entre ces deux ports.

(4) Par exemple l'Asidatès de Xénophon, Anab. VII, 8, 0.

(5) La date exacte ne saurait être déterminée. En 40G Ariobarzane (fils de Mithridate I*-'' ?) reconduit à Cios des ambassadeurs athéniens (Xénophon, Hell. I, 4, 7), mais il n'en résulte pas nécessairement que Cios fût déjà redevenue perse. C'est à tort qu'on a allégué l'inscription C. I. A. II, n° 22 (cf. Le Bas-Reixach , pl. 35, II) de l'an 377/6 pour soutenir que Cios était entrée dans la seconde confédération athénienne; il faut lire "Ixioç et non Ki'oç (Koehler, C. I. A. II, n° 17, ligne 84 ; CrRTirs, Grîeckische Geschichte, 6* éd., III, p. 7 GO, note 17).

(0) Avjvaaxeia, Diodore XX, 111; ailleurs, par anticipation ou inadvertance, êaaiXsi'a (XV, 90; XYI, 90).

(7) Polybe V, 43, 2; Diodore XIX, 40; Florus I, 40 Halm; De vit: ill. c. 76. Cp. les prétentions de Rhœsacès et Spithradate (Diodore XVI, 47) et celles des futurs rois de Cappadoce (Diodore XXXI, fr. 19). Comme le premier Mithridate connu est fils d'Orontobate (Favorinus chez Diogène Laërce III, 20) , la famille se rattachait sans doute à l'Orontobate (mss. NopovSaéàxri;) que Ctésias (fr. 29, 13 Millier) nomme parmi les sept conjurés. Ce nom ne se trouve d'ailleurs ni dans la liste d'Hérodote, ni dans celle des inscriptions

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