‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 41 sur 417 · ÉDUCATION DE MITHRIDATE · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DE MITHRIDATE

Il naquit à Sinope, Fan 132 avant l'ère chrétienne (1). Sa ville natale , où il fut élevé , était toute grecque, et depuis que Mithridate Évergète y avait transporté sa résidence, la cour de Pont ellemême s'était de plus en plus hellénisée. La reine Laodice, femme d'une intelligence ouverte, formée par les voyages et le malheur, présida elle-même à l'éducation de ses fds. Conformément à l'usage des grandes dynasties de cette époque, et particulièrement de celle de Syrie, elle leur donna pour camarades de jeux et d'études les fds des premières familles du royaume : des Perses sans doute, mais aussi des Hellènes, un Gaios, fils d'Hermaios, qui devait survivre à son royal condisciple, un Dorylaos, fils de Philétère, neveu du célèbre général d'Évergète, l'un et l'autre natifs d'Amisos, l'Athènes du Pont (2).

L'éducation des princes fut ainsi , comme tout le milieu où ils grandissaient, un curieux mélange de traditions perses et d'influences helléniques. Le jeune Eupator était beau, robuste, bien doué ; on pouvait mener de front la culture de son intelligence et le développement de ses facultés physiques. De bonne heure il excella dans ces exercices du corps que les rois et les nobles perses avaient de tout temps mis au premier rang de leurs devoirs : la chasse, l'équitation, le tir de l'arc et du javelot (3). De bonne heure aussi, il s'initia aux lettres et aux arts de la Grèce. Nul doute, enfin, que l'éloquence persuasive, le don des langues, le goût des sciences naturelles et médicales , par lesquels dans la suite il devint si célèbre, n'aient eu leur germe dans les leçons de ces premières années. Quant à la religion, on lui ensei-

(1) Naissance à Sinope : Strabon XII, 3, 11. Date de la naissance : il mourut sous le consulat de Cicéron, 63 av. J.-C. (Orose VI, 6, etc.), à l'âge de 68 ou 69 ans (Appien, Mith. 112). On arrive bien ainsi à la fin de l'an 132 av. J.-C. Les indications de Strabon (X, 4, 10) conduisent au même résultat : Mithridate avait, d'après ce texte, 1 1 ans à son avènement.et il régna 57 ans (Appien, loc. cit.), ou 66 (Pline, XXT, 7). En contradiction avec ces données, Salluste (fr. V, 4, Kritz) et Dion Cassius, XXXV, 9, font vivre Mithridate plus de 70 ans (il aurait eu 70 ans passés en 67 av. J.-C. !); Eutrope I, 6 et Orose VI, 5 le font mourir à 72 ans après un règne de 60. Mais les premiers textes sont empreints d'une exagération rhétorique, les seconds, dérivés de Tite-Live, s'expliquent par le goût des computs ronds et des multiples de 12. Memnon, c. 80, donne à Mithridate 13 ans à son avènement ; ici encore le chiffre de Strabon doit être préféré.

(2) Les inscriptions déliennes (App. n° 9) attribuent la qualité de aûvipocpoç à Gaios (cf. Plutarque, Pomp. 42) et à Dorylaos ; pour ce dernier, voir aussi Strabon X, 4, 10. SûvTpoçoi à la cour de Syrie : Bull. corr. hell. I, 285; III, 364; Homolle, ^fission à Délos, 1887, no 8; Polybe V, 82, 8.

(3) Xénophon, Cyrop. I, 2, 8 ; VIII, 1, 34; Hérodote I, 136.

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