TRAITÉS DE COMMERCE AVEC LES IBÈRES ET MÈDES
curément : depuis Séleucus Nicator et Antiochus le Grand , personne, ce semble, ne s'était occupé de ces pays perdus.
La conquête de la Colchide fut un jeu d'enfants pour Mitliridate, malgré le naturel belliqueux des habitants (1). Les petits dynastes, affaiblis par leur isolement, n'opposèrent qu'une courte résistance; plusieurs même, gagnés par les largesses du roi, abdiquèrent de plein gré en sa faveur (2). La Colchide fut organisée en satrapie, bientôt même en vice-royauté; elle devint le grand chantier des constructions navales de Mithridate : la plaine fournissait le lin et le chanvre pour les cordages; la forêt, le bois et le goudron pour les coques et les mâts.
Maître de la vallée du Phase, Mithridate fit explorer par ses généraux les contreforts du Caucase (3); ils poussèrent même des pointes au delà de la ceinture montagneuse de la Colchide, et leurs reconnaissances n'eurent pas seulement pour résultat d'enrichir et de préciser les notions géographiques des Grecs sur ces régions mal connues. Des traités de commerce et d'amitié furent conclus avec les royaumes limitrophes : l'Ibérie, la Médie Atropatène, vassale des Parthes, la Grande-Arménie (4). On occupa l'àpre côte du Paryadrès oriental , qui répète au sud de la Colchide, avec un peu moins de sauvagerie, la côte du Caucase (5); toutefois l'occupation se borna sans doute aux points du littoral anciennement colonisés par les Grecs : la montagne elle-même avec ses tribus farouches, Byzères, Tzanes, Heptacomètes, conserva son indépendance séculaire et sa vieille barbarie.
La Petite-Arménie, prise comme dans un étau entre la Colchide et le Pont, succomba sans lutte à son heure. On donnait alors ce nom au quadrilatère profondément raviné qui se dresse entre
(ly Appien, Mith. 15 : êôvo; àps-.jxavéç.
(2) Strabon XI, 2, 18. Cp. Justin XXXVIII, 7; Memnon c. nO. L'hypothèse de Gi'T- SCHMID QJalirhiicher fur Classische Philologie^ 2" Supp. 1850, p. 189), que les Colques soumis par Mithridate seraient seulement la tribu de ce nom voisine de Trébizonde, ne soutient pas l'examen et paraît avoir été abandonnée par son propre auteur.
(3) Memnon c. 30 : Y.c(.xec!zçé'h(x.xo ùï TroÀetxo) xat toù; 7r£pi tov <t>à'jiy Pacn),£îç sw; tûv x>,i[j.àTcov Toôv uTièp TOV KauxacTOv. Cp. Strabon XI, 2, 14 et I, 2, 1 : rà... [;.£Xpi Matwxtiov xat T^ç slç KôXyouç TeXsuTcoffY); TîapaXtaç MiOptSàTr.ç 6 xÀyjôsl; Eùncaih^p ÈTroîrjffe 7vwpt(xa xal ot èxeîvou (TxpaTriyoî.
(4) Memnon, /oc. cit. : a\>[i.[j.6i.yo\);. .. Myjôouc... xai tov "l&ripy. 7rpo<TY]Taip:i:^£To. Il s'agit évidemment de la Médie Atropatène, qui dès le temps d' Antiochus le Grand touchait aux pays riverains de l'Euxin (Polybe V, 60).
(o) Strabon XII, 3,1 : -npoagY.vfitsoi.io... [léy^pi RoXytoo; xai (xixpàç 'Ap^i-Evia;.