‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 63 sur 417 · VOYAGE DE MITHRIDATE A TRAVERS L ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

VOYAGE DE MITHRIDATE A TRAVERS L ASIE MINEURE

du testament d'Attale III (I) avec la Plirygie hellespontienne, la Troade, la Mysie, la Lydie, la Carie, leur ceinture d'îles et les villes grecques de la côte (Éolide, lonie, Doride) (2). L'autre province, qu'on désignait indifféremment sous les noms de Pamphylie ou deCilicie (3), avait pour noyau les anciennes possessions des Attale sur la côte pamphylienne. Il est probable que Rome, lorsqu'elle déchira les promesses d'Aquilius et dépouilla le Pont de laGrande-Phrygie, en 1 16 avant J.-C, annula par la même occasion le présent de la Lycaonie et de la Cilicie trachée, fait à la Cappadoce. Toutefois un « gouverneur » de Cilicie est mentionné pour la première fois en 103 av. J.-C. (4), et sans doute pendant quelque temps encore la « province » pamphylo-cilicienne fut plutôt, suivant le sens étymologique du mot, un commandement militaire intermittent qu'une circonscription administrative permanente. Le représentant de Rome dans ces parages avait essentiellement un rôle de gendarme : il devait tenir en respect les tribus pillardes du Taurus, Pisidiens, Isauriens, Cibyrates et autres, protéger la Cappadoce, par-dessus tout réprimer la piraterie, endémique le long de cette côte rocheuse, mais qui avait pris un développement de plus en plus alarmant, depuis la disparition des flottes syriennes et égyptiennes. Il faut dire d'ailleurs que les Romains s'acquittaient très imparfaitement de cette mission de police. Elle aurait exigé, pour commencer, la création d'une marine sérieuse et l'occupation militaire des deux ver-

(1) L'ère de la pi-ovince d'Asie part, d'après Borghesi, du 24 septembre 134 av. J.-C.

(2) Cicérou, Pro Flacco, XXVII, Gô : namque, îit opinor, Asia vestra constat ex Phrygia, Mysia, Caria, Lydia. (Il a parlé plus haut des villes grecques.) L'attribution à la province de Cilicie des 3 diocèses méridionaux de la Phrygie (Laodicée, Apamée, Synnada) est postérieure aux guerres mitliridatiques ; elle eut lieu peu avant le gouvernement de Cicéron : Ad famil. XIII, 67 : ex provinda mca CiUcievsi cMt scîs xpei; ôioixrjcrstç Asiaticas attributas fuisse. Sur ces 3 diocèses cf. encore Cicéron, Ad Att. V, 21, 9: Pline V, c. 28-29, 105-10(5: on voit que sous l'empire ils avaient fait retour à l'Asie.

(3) Posidonius, fr. 41 (en 88) : 'Pwf^.at'tov (jTpaxrjyo; [asv natxa-uXi'a; Koïvtoç "OîtTtto;. Appien, il/iïA. 57 : èyà) (Sylla) Kt),ixtaç àoyui-^. Au temps de Dolabella et de Verrès : Cn. Dolahellae provincia Cil ici a comtituta est. QVerr. Acc. I, 16, 44.) Le nom de Cilicie, très impropre au début, ne prévalut définitivement, sans doute, qu'après l'annexion de la Cilicie plane (64 av. J.-C). Sur cette province, cf. JuxGE, De Ciliciae Rcmanornm provinciae origine ac primordiis, thèse, Halle, 1869.

(4) Tite-Live, ep. 68 : J/. Antonius praetor in Cdiciam maritimos praedones jfersecutus est. Cicéron, De oratore , 1,18, 82 : egomet (Antonius) pro conside in Ciliciam jjro/iciscens. Cp. Obsequens, c. 44; Trogue Pompée, prol. 39. Il avait pour préfet M. Gratidius : Cic. Brutus, 40 , 168.

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