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LA CONFÉDÉRATION GALATE

SOUS lui, un juge et un général. L'ensemble des clans formait une confédération, dont le seul organe, à notre connaissance, était une assemblée de 300 délégués (le « conseil des tétrarques »), convoquée à dates fixes dans un bosquet sacré , le Brynemeton. Cette assemblée, qui seule pouvait juger les procès d'homicide, n'avait point d'attributions politiques. Chaque peuplade, ou plutôt chaque tétrarchie, suivait sa ligne de conduite indépendante, contractait des alliances séparées : aussi n'était-il pas rare de voir des mercenaires galates combattre dans deux camps opposés.

Cette faiblesse du lien fédéral , que voulut vainement resserrer, à la veille de la campagne de Manlius, un patriote prévoyant, le tétrarque Ortiagon, était la cause principale de l'impuissance politique où se voyaient réduits les Galates, naguère la terreur de la péninsule. Ils n'avaient dû la préservation de leur demiindépendance, contre les entreprises des rois de Pergame, qu'à la jalousie de Rome; depuis, ils s'étaient mis, à diverses reprises, à la remorque du Pont, mais la politique romaine était trop intéressée à l'existence de cet « État tampon » pour en permettre l'absorption par un client d'une fidélité équivoque. Rome sut d'ailleurs s'assurer en Galatie un centre d'influence efficace, la grande prêtrise de Pessinonte , dont les titulaires. Grecs, Phrygiens ou Gaulois, avaient été déjà les agents et les protégés des rois de Pergame : on sait que la pierre noire de Pessinonte, image symbolique de la Mère phrygienne, fut même transportée à Rome, avec le culte orgiastique de cette déesse. Les Galates eux-mêmes figuraient désormais au nombre des alliés militaires de Rome; malgré les progrès qu'avaient déjà faits parmi eux la civilisation hellénique et la mollesse phrygienne, c'étaient encore les meilleurs soldats de la péninsule, et leur épée aurait pu peser d'un poids décisif dans la balance si, au lieu de se déchirer entre eux et de se vendre au plus offrant, ils avaient consacré leur intelligence et leur énergie au relèvement de leur nouvelle patrie.

Comme la Galatie, la Paphlagonie périssait parle morcellement politique. La côte et le bassin de l'Amnias appartenaient au Pont. Quelques districts de l'ouest avaient été arrachés par la Bithynie (1). A l'intérieur, on trouve, dans le premier quart du il*' siècle, plusieurs petits dynastes indépendants, dont l'un , Gaiza-

(1) Etienne de Byzance, s. v. Kp-?;Ga.

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