LA PAPHLAGONIE
torix, porte un nom gaulois; lautre, Morzios, est inféodé aux Galates (1). A la suite de la guerre de Pharnace, Morzios, qui avait embrassé le parti des vainqueurs (2), dut réunir sous sa domination toute la Paphlagonie intérieure. Son successeur fut ce Pylémène qui figure parmi les alliés de Rome dans la guerre d'Aristonic et légua ses États à Mithridate Évergète; mais l'exécution de ce legs fut empêchée par les Romains, et au moment du voyage de Mithridate Eupator, la Paphlagonie intérieure paraît de nouveau avoir été divisée entre un certain nombre de dynastes rivaux , parents plus ou moins authentiques du dernier Pylémène (3). « Quoique petite, dit Strabon, la Paphlagonie avait beaucoup de maîtres. » Une pareille anarchie présage le démembrement, mais la conquête étrangère rencontrera de grands obstacles dans la nature montagneuse du pays et dans rattachement instinctif des habitants à leur vieille indépendance.
La Cappadoce, — c'est ainsi qu'on appelait vulgairement le royaume des Ariarathe, — avait de tous côtés, sauf au nord, des frontières naturelles : à l'est l'Euphrate, au midi le Taurus, à l'ouest le steppe lycaonien. Ce royaume, né en même temps que le Pont, avait grandi parallèlement à son voisin et par des moyens analogues : l'emploi de mercenaires gaulois d'abord, puis l'alliance étroite avec les Séleucides, cimentée à diverses reprises par des mariages. Jusqu'à la dernière heure, les Ariarathe figurèrent parmi les alliés d'Antiochus et des Galates dans leur lutte contre Rome; après le double écrasement de leurs amis, ils s'inclinèrent devant la force, échangèrent loyalement leurs anciennes alliances contre la clientèle de Rome et l'entente cordiale avec Pergame. Grâce à cette nouvelle politique, poursuivie avec une constance inébranlable, malgré d'amères expériences, malgré les taquineries du Pont, de la Petite- Arménie et des Galates, malgré l'in-
(1) Gaizatorix est nommé avec un autre dynaste galate, Carsignatos, parmi les alliés équivoques de Pharnace : Polybe, fr. XXV, i, 6. Carsignatos, qui est nommé plus tard comme chef des mercenaires gaulois d'Eumène (Liv. XLII, 57), est probablement un tétrarque galate, mais Gaizatorix régnait en Paphlagonie, puisqu'un canton de ce pays conservait son nom au temps de Strabon (XII, 3, 41). Morzios régnait à Gangra (Strabon, ib.) et assista les Gaulois en 18!) (Liv. XXXVIII, 26, 4).
(2) Polybe, fr. XXVI, G, 9.
(3) C'est le prétendu Pylémène que Mithridate aurait détrôné en 88 (Eutrope V, 5: Orose VI, 2, 2 ; S. Rufus, c. 11), l'Attale et le Pylémène à qui Pompée rend la Paphlagonie en 64 (Eutrope VI, 14; Appien, Jlith. 114).