‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 72 sur 417 · LA BITHYNIE; NICOMÈDE ÉPIPHANE · texte numérisé non relu

LA BITHYNIE; NICOMÈDE ÉPIPHANE

L'itinéraire de Mithridate le ramena par le territoire de la Bithynie, le plus ancien des petits États de F Asie Mineure, — si Ton excepte la Paphlagonie, — et le plus fort, depuis la disparition de sa rivale séculaire, la dynastie de Pergame. Au iii^ siècle, sous des rois entreprenants et peu scrupuleux, Nicomède F', Ziaélas, Prusias P% les Bithyniens s'étaient étendus dans toutes les directions, avec l'appui des mercenaires galates, qu'ils avaient les premiers introduits en Asie, et de la Macédoine, qui remplaçait pour eux les Séleucides. A l'intérieur de l'Asie, ils s'arrondirent aux dépens des Paphlagoniens, des Phrygiens, des Mysiens; sur la côte, ils absorbèrent successivement toutes les colonies grecques entre Cyzique et Héraclée. Le règne de Prusias II marqua un temps d'arrêt dans les progrès de la Bithynie : c'était un ignoble personnage qui dégoûta ses sujets par ses vices, les Romains eux-mêmes par l'excès de sa servilité. Mais en 149 av. J.-C. son fils aîné Nicomède, dont il avait voulu se défaire au profit d'enfants d'un second lit, se révolta, obtint l'appui du roi de Pergame, Attale II, et égorgea son père au pied de l'autel de Zeus, à Nicomédie.

Nicomède II Épiphane fut un roi populaire qui releva la Bithynie et acheva de l'helléniser. Élevé à Rome, lié d'amitié avec les Athéniens , il protégea les arts et mérita par ses libéralités le surnom cVÉverçrte. Son ambition était ardente; en apparence dévoué à Rome, il ne lui pardonnait pas la mesquine opposition qu'elle avait faite à son avènement, l'ingratitude dont elle avait payé ses services dans la guerre d'Aristonic , les empiétements incessants des publicains d'Asie qui venaient voler ses sujets sur son propre territoire. Les ressources ne lui manquaient pas : le royaume était fertile et peuplé; les cités grecques, anciennes ou nouvelles, Nicomédie, Nicée, Prusa, Apamée, Prusias (Cios), Chalcédoine, comptaient parmi les villes les plus riches et les plus commerçantes de l'Asie; l'état florissant des finances bithyniennes à cette époque est attesté par l'abondance des émissions monétaires, parmi lesquelles on rencontre même des statères d'or, réservés jusqu'alors aux grandes dynasties. L'armée nationale était nombreuse, et les Bithyniens, Thraces d'origine, n'avaient pas encore entièrement perdu les qualités militaires de leurs sanguinaires ancêtres. Nicomède possédait aussi une Hotte de guerre, assez forte pour bloquer effectivement, en cas de besoin, les détroits

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