‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 75 sur 417 · SUPPLICE DE LA RELNE LAODICE · texte numérisé non relu

SUPPLICE DE LA RELNE LAODICE

ture délinitive avec les Romains, durèrent quinze ans avec plusieurs interruptions. Nous connaissons les lignes générales de sa politique, l'origine et le résultat final; quant au détail des événements, nous ne pouvons Findiquer que très sommairement. Le voyage de reconnaissance du roi se place peu après la conquête définitive de la Crimée, aux environs de l'an 106 ou 105 av. J.-C. (1). 11 se prolongea assez longtemps pour que le bruit de la mort de Mithridate courût à Sinope; les « amis du roi » en profitèrent pour débaucher la reine Laodice, qui venait de donner à son frère et époux absent un fils, le troisième, à ce qu'il semble. Au milieu de ces désordres, on apprit tout à coup le retour du maître. Les gens de cour cachèrent leur trouble sous l'excès de leurs félicitations, mais Laodice se crut perdue, et, en digne petitefille des Séleucides, tenta d'empoisonner le roi. Prévenu à temps par les esclaves de la reine, Mithridate lit marcher à la mort l'épouse adultère et ses complices (2).

Immédiatement après cette tragédie de cour, Mithridate conclut son alliance avec Nicomède; peut-être aussi envoya-t-il alors une ambassade secrète aux Cimbres (3). Pendant l'hiver, il poussa vivement ses armements et entrahia ses troupes par des manœuvres incessantes. Au printemps (101 av. J.-C?) les deux alliés se jetèrent sur la Paphlagonie, la conquirent et se la partagèrent : chacun d'eux s'annexa probablement les districts limitrophes de son territoire. Les dynastes paphlagoniens dépossédés s'empressèrent de porter plainte à Rome; déjà des princes scythes, les fils de Scilur, les y avaient précédés, étaient venus dénoncer au sénat les usurpations de Mithridate. Les Scythes, il est vrai , ne comptaient pas parmi les clients de Rome, mais les conquêtes du roi de Pont violaient le principe fondamental posé après la défaite d'Anti ochus : « que les rois d'Asie devaient s'abstenir du territoire

(1) La date résulte de celle de l'ambassade à Eome (103) qui se rattache manifestement à la conquête de la Paphlagonie, et des 40 ans de durée que quelques historiens assignaient à la lutte de Mithridate contre les Romains (Eutrope, VI, 12 fin. Cf. Orose, V, 19, 2 ; VI, ], 28; Appien, Syr. 48). On pourrait être tenté de placer le voyage en 107-6, sous prétexte que le fils né pendant l'absence du roi serait Ariarathe, âgé de 8 ans lors de son élévation au trône de Cappadoce, en 99 (Justin XXXVIII, 1). Mais rien ne prouve qu'il s'agisse d' Ariarathe ; l'enfant en question peut tout aussi bien être Artapherne, qui avait 40 ans révolus en 64 av. J.-C. (Appien, Mith. 108). Quant au prince Mithridate, je crois, à cause de son nom, qu'il est l'aîné de tous.

(2) Justin XXXVII, 3. Cf. Salluste, fr. II, 55 Kritz : et fratrem et sororem occidit.

(3) Justin XXXVIII, 3, 6 la place à la veille de la guerre de 88, ce qui est impossible.

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