‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 76 sur 417 · PARTAGE DE LA PAPHLAGONIE ET DE LA GALATIE · texte numérisé non relu

PARTAGE DE LA PAPHLAGONIE ET DE LA GALATIE

européen (1). » Par la fatalité de la situation, Rome était amenée à se poser sur TEuxin en protectrice de la barbarie contre le roi qui représentait la cause de la civilisation! Le sénat, suivant l'usage de ce temps, envo3^a tout d'abord une commission sur les lieux, qui invita les rois à rétablir le statu quo. Mithridate répondit aux commissaires que la Paphlagonie, — tout au moins la province de Gangra, — lui appartenait par droit d'héritage; en ce qui concernait la Crimée, il promit satisfaction : on devine comment il tint parole. L'attitude de Nicomède fut encore plus provocante. Il se déclara prêt à restituer la Paphlagonie à la dynastie légitime, et, à cet effet, proclama roi du pays son propre bâtard (2), qu'il affubla, pour la circonstance, du nom de Pylémène. A l'invitation que lui adressait le consul Marins de fournir, conformément aux traités, son contingent militaire contre les Cimbres, il répondit ironiquement qu'il n'avait plus de troupes, les publicains lui ayant volé tous ses sujets (3). Puis, pour combler la mesure, sous les yeux des commissaires romains, sans égard pour leurs menaces, les deux rois occupèrent la Galatie et y établirent leur protectorat (4). La part de Mithridate comprit au moins le pays des Trocmes, où il fonda la forteresse de Mithridation (5).

L'inaction du sénat romain en présence de ces audacieux défis ne s'explique pas seulement par la terreur de l'invasion cimbrique; les largesses diplomatiques de Mithridate jouaient ici le principal rôle. En 103, une ambassade pontique est signalée à Rome; elle sème l'or si impudemment parmi les sénateurs que le fougueux tribun L. Appuléius Saturninus, dès lors le démagogue le plus influent de la capitale, flétrit les corrompus et injurie publiquement les ambassadeurs. A l'instigation des aristocrates intéressés dans l'affaire, les agents de Mithridate relevèrent le gant et intentèrent au tribun, sans doute à sa sortie de charge,

(1) Memnon, c. 30. Cp. Appien, Mith. 13.

(2) Filiuin suum mutato nomine Pylaemenen, dit Justin. Il est peu probable qu'il s'agisse du prince héritier Nicomède III ; c'est sans doute le bâtard Socrate . que nous retrouverons plus tard.

(3) Diodore, fr. XXXVI, 3.

(4) Justin XXXVII, 4. Pour la G-alatie il ne nomme que Mithridate , mais il est inadmissible que Nicomède se soit laissé frustrer de sa part du paj^s, et son invasion de la Cappadoce quelque temps après suppose qu'il était devenu limitrophe de ce royaume.

(5) Strabon XII, 5, 2.

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