‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 78 sur 417 · CONQUÊTE DE LA CAPPADOCE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE LA CAPPADOCE

bon marché des garnisons bithyniennes, netto3^a la Cappadoce et rétablit sur le trône de Mazaca le jeune roi Ariarathe YII Philométor. Laodice se retira en Bithynie avec son nouvel époux et sa fdle Nysa; son fds cadet, Ariarathe le jeune, fut envoyé dans la province romaine d'Asie pour achever son éducation (100 av. J.-C.?)(l).

Toute l'Asie applaudit à l'action vigoureuse et apparemment désintéressée du roi de Pont, mais celui-ci ne tarda pas à démasquer ses véritables intentions. Quelques mois à peine s'étaient écoulés depuis la restauration d'Ariarathe , quand Mithridate sollicita du jeune roi le rappel de Gordios, le meurtrier de son père, qui s'était, comme on sait, réfugié dans le Pont. Le sort du père servit d'avertissement au fds; il refusa d'obtempérer à l'invitation de son oncle, qui se mit aussitôt en mesure de ramener son protégé par la force. Très effrayé, le jeune roi se retourna vers ses voisins et sollicita leur appui. Il paraît que la formation d'une coalition contre Mithridate fut négociée par Marins, qui voyageait alors en Galatie, en apparence pour acquitter un vœu à la déesse de Pessinonte , en réalité pour faire oublier sa piteuse attitude dans les troubles où Saturninus venait de trouver la mort, peut-être aussi pour brouiller les cartes en Orient et s'y préparer de nouveaux triomphes. Avec l'aide de ses voisins, c'est-à-dire, sans doute , Nicomède , le faux Pylémène et Artanès de Sophène , Ariarathe réussit à mettre sur pied une armée nombreuse, capable de tenir tête aux forces considérables, — 80,000 fantassins, 10,000 chevaux et une nombreuse artillerie de chars à faux, — avec lesquelles Mithridate envahit la Cappadoce. Le roi de Pont jugea l'issue douteuse et revêtit, cette fois encore, la peau du renard. 11 invita son neveu à une conférence qui eut lieu entre les deux camps, à la vue des deux armées. Suivant l'usage de ce siècle soupçonneux, les deux Majestés, avant de s'aboucher, se laissèrent consciencieusement fouiller; mais Mithridate détourna l'attention du commissaire cappadocien par une grossière plaisanterie de soldat et réussit à cacher un poignard dans les plis de son large pantalon perse. Puis, éloignant les deux escortes, il tire son neveu à l'écart et l'étend raide mort à ses pieds. Ce crime imprévu fit l'effet d'un coup de foudre. L'armée coalisée, saisie d'une ter-

(1) Justin XXXVIII, 1. L'abréviateur rapproche beaucoup trop ces événements du meurtre d'Ariarathe Epiphane.

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