‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 88 sur 417 · PARTHES ET ARMÉNIENS · texte numérisé non relu

PARTHES ET ARMÉNIENS

Séleucus Nicator ou les Antiochus le Grand. Encore quelques années, et la Syrie , si elle n'a pas trouvé un libérateur grec ou romain, sera parthe ou arabe.

Tel le spectacle qu'offrent les dynasties hellénistiques; quant aux deux nations demi -barbares qui ont remplacé les Séleucides sur la frontière de l'Euphrate, les Parthes et les Arméniens, elles viennent d'entrer à leur tour dans la sphère de l'influence romaine et ce premier contact n'a pas été à leur avantage. Les Arméniens ont été battus à plate couture, chassés de la Cappadoce; le fier Arsacide a sollicité spontanément l'amitié de Rome et son représentant s'est laissé humilier par Sylla. Un moment, l'intervention des armées parthes en Syrie a pu sembler inquiétante; mais l'heure approche où l'attention des Arsacides.va être détournée de leur frontière occidentale par de graves périls domestiques et étrangers. Les querelles intestines vont affaiblir la dynastie pendant une génération, et du fond des déserts transoxiens sort une nouvelle trombe de nations barbares qui s'apprête à inonder l'Iran; les premiers successeurs de « Mithridate le Grand » , loin de pouvoir reprendre le fd de ses conquêtes, vont être réduits eux-mêmes à un demivasselage.

En résumé, l'impression qui se dégage de ce rapide aperçu n'a rien que de rassurant pour Rome. L'horizon oriental n'est pas exempt de nuages, partout s'annoncent d'inévitables transformations politiques, mais aucune ne menace directement l'hégémonie romaine, fondée au siècle dernier sur les ruines de la Macédoine et de la Syrie. Malgré des fautes et des défaillances nombreuses , malgré les inconséquences d'une politique tour à tour timide et violente, la grande ombre de Rome s'étend de plus en plus sur l'Asie : tant il est vrai qu'en politique, comme en mécanique, les effets peuvent survivre aux causes, et qu'une domination, créée par des victoires éclatantes, peut persister et même s'affermir après que la supériorité morale d'où elle est sortie a depuis longtemps disparu. L'empire de Rome sur l'Orient, au début du ii"* siècle avant notre ère, vivait en vertu de la vitesse acquise, en vertu de la décadence physique et morale des vieilles races et des vieilles dynasties.

Mais la médaille a son revers. Toute puissance assise sur la crainte ou la superstition politique est à la merci d'un accident. Déjà, lors de l'invasion des Cimbres, on avait pu constater avec quelle ra-

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