‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 89 sur 417 · EXPLOSION DE LA GUERRE SOCIALE · texte numérisé non relu

EXPLOSION DE LA GUERRE SOCIALE

pidité le moindre désastre de Rome en Occident se propageait dans son empire oriental, grâce à cette solidarité intime des deux moitiés du bassin de la Méditerranée, qui,, depuis la seconde guerre punique, est le trait saillant de Thistoire ancienne. Le même phénomène se reproduisit, avec une intensité plus grande encore, à la fm de l'année 91. Soudain, comme un coup de tonnerre déchirant un ciel serein, la nouvelle se répand qu'une guerre fratricide, qui, dès le début, a pris le caractère d'une lutte d'extermination, vient d'éclater en Italie. Les fidèles alliés qui depuis cent cinquante ans ont fourni la moitié des armées de Rome, qui ont versé, pour la ville maîtresse, le plus pur de leur sang sur tous les champs de bataille du monde, depuis l'Océan jusqu'à l'Euplirate, l'Italie, qui semblait au dehors ne faire qu'un avec sa capitale, l'Italie réclame, les armes à la main, une part proportionnée à ses services dans le gouvernement de la commune devenue univers, — urhs orbis facta; elle exige ou la rupture du pacte fédéral, ou son admission en bloc au droit de cité romaine. En un seul jour, Rome expia un siècle et demi d'un égoïsme politique sans précédent dans l'histoire. Combien elle dut regretter le parti pris insensé de traiter en sujets ces confédérés italiens qui faisaient le plus clair de sa force, mais dont la naturalisation collective aurait pu gêner quelques intérêts électoraux ou froisser l'orgueil de la canaille souveraine ! Tel fut l'aveuglement persistant de l'aristocratie gouvernementale, que même à la dernière heure, lorsque le tribun Drusus se fit l'apôtre enflammé des revendications italiennes, un poignard oligarchique arrêta net sa propagande. Ce fut l'étincelle qui alluma le bûcher : Asculum donna le signal , les Marses et les Samnites prirent la tête du mouvement insurrectionnel, et l'hiver 90 vit plus de la moitié des peuples de la péninsule debout en armes contre « les loups ravisseurs de la liberté italienne ».

Le contre-coup des premiers désastres de la guerre sociale se fit aussitôt sentir dans les provinces orientales de l'empire romain. Rome, menacée au foyer de sa grandeur, dut rappeler en Italie ses légions éparses, faire appel aux contingents maritimes de ses alliés : Héraclée, Clazomène, Milet fournirent des vaisseaux pour la guerre d'Italie (1). La Macédoine, dégarnie de troupes, fut

(1) Héraclée : Memnon , c. 29. Milet , Clazomène (et Carystos') : Corp. hiscr. lat. I, ^O.'i (ViERECK, Sermo gmecus quo S. P. Q. li. etc., 17). C'est un sénatusconsulte (traduit en

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