‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 90 sur 417 · POLITIQUE ASTUCIEUSE DE MITHRIDATE · texte numérisé non relu

POLITIQUE ASTUCIEUSE DE MITHRIDATE

livrée sans défense aux ravages des Thraces, la Grèce s'agita, des révolutions éclatèrent en Asie Mineure.

Pour Mithridate, comme pour tout le monde, la brusque explosion de Finsurrection italienne fut une surprise : elle arrivait trop tôt pour le plan de longue haleine qu'il avait conçu. La moitié de sa flotte était encore sur le chantier, la moitié de son armée occupée à guerroj^er contre les Sarmates et les Bastarnes (1) ; son faisceau d'alliances n'était pas encore constitué. Interrompre, en plein succès, ses conquêtes dans le nord, était impossible; d'autre part, pouvait-il négliger l'occasion qui s'offrait de prendre sa revanche des humiliations de 95 et de 92? Provisoirement, il s'arrêta à un moyen terme : il résolut d'agir en Asie Mineure, mais sans se compromettre ouvertement, en se cachant, comme naguère, derrière des prête-noms, en faisant jouer des instruments aveugles de sa politique, qu'il pourrait, le cas échéant, rejeter, désavouer ou supplanter. Cette conduite avait le double avantage de lui laisser le temps d'achever ses conquêtes, ses armements et ses alliances, et de lui permettre, en attendant, de se prévaloir, vis-à-vis de Rome, de sa qualité officielle de roi « ami et allié ». C'était une politique qui manquait peut-être de franchise, mais non d'habileté : elle fut merveilleusement servie par les circonstances, en Cappadoce comme en Bithynie.

La Bithynie, si forte encore quelques années auparavant, était tombée bien bas depuis la mort de Nicomède Épiphane (94 av. J.-C?) (2). Le vieux roi, dont le règne s'était prolongé pendant plus d'un demi-siècle, ne laissait pas d'enfants de sa dernière femme Laodice; en revanche, il lui était né deux fils d'unions antérieures, qui n'avaient eu, ni l'une ni l'autre, le caractère d'un mariage légal. Le fils aîné, Nicomède, eut pour mère une danseuse, Nysa (3); le puîné, Socrate, une concubine grecque. Nicomède

grec) de l'an 78 av. J.-C, en faveur de 3 capitaines de vaisseaux grecs. Il n'est pas impossible, toutefois, que ces capitaines n'eussent pris part qu'à la dernière partie de la guerre contre les Samnites, c'est-à-dire après la guerre civile de Sylla, à son retour d'Asie. L'expression 7:6).£[j.oç iTa),ixô; (1. 7) prête à l'équivoque.

(1) Plutarque, De fort. Rom. c. \\,Jin.

(2) La date ne peut pas être fixée avec précision, puisque les monnaies de Nicomède II et de Nicomède III ont même type et même légende. Mais on voit par Justin que Nicomède II vivait encore au moment de l'élection d' Ariobarzane ou peu auparavant (95): d'autre part, il faut laisser un temps suffisant entre l'avènement de Nicomède III et son expulsion (90) pour ses deux mariages et la naissance de ses deux enfants.

(3) Licinianus, p. 36 (éd. Bonn) : Nicomedes E vergetés (Epiphane) — non fuit uno isto

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