‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 9 sur 417 · ASPECT PHYSIQUE DE LA CAPPADOCE PONTIQUE · texte numérisé non relu

ASPECT PHYSIQUE DE LA CAPPADOCE PONTIQUE

est, le cône isolé de FArgée. La région pontique, au contraire, est un des pays les plus montagneux du globe; les véritables accidents de terrain y sont les plaines : vallées élargies , bassins lacustres desséchés, conquêtes alluviales des fleuves. A l'ouest, les chaînes de la Paphlagonie, parallèles entre elles et à la côte, enferment les petits bassins des affluents de gauche du Halys. A Test, deux hauts remparts, Paryadrès et Scydisès, courent, l'un le long du littoral, vis-à-vis du Caucase, l'autre à l'intérieur, où il prolonge l'Anti-Taurus (1); ces deux chaînes, dont quelques pics dépassent 3,000 mètres, dressent entre l'Arménie et TAnatolie une véritable barrière, et couvrent de leurs ramifications tout le bastion nord-est de la péninsule. Au centre, enfin, la contrée si improprement désignée sous le nom de <■< plaine de l'Iris » offre en réalité l'aspect d'une pièce d'étoffe capricieusement froissée; c'est une succession de plateaux mamelonnés, de croupes irrégulières et de chaînons isolés (Lithros, Ophlimos, Scotios) entre lesquels des rivières sinueuses tracent leurs filets verts, azurés ou rougeâtres.

Peu mouvementé, le plateau central est encore plus mal arrosé, sauf vers ses extrémités. Plusieurs de ses rivières, trop faibles pour atteindre la mer, se perdent dans des lacs ou des marécages ; les autres viennent grossir le Halys , le fleuve le plus long de la péninsule, mais aussi le plus triste et le plus inutile : point de pêcheries , point de batellerie pour animer ses eaux saumâtres et ses bords escarpés; c'est un long fossé, ce ne fut jamais un trait d'union. Bien différente la région pontique. Grâce à son enceinte de hautes montagnes, elle est littéralement sillonnée de rivières. La plupart, qui naissent du revers septentrional de la chaîne côtière ou la contournent vers ses extrémités (Billéos, Acampsis), ne sont , il est vrai , que de courts et violents torrents ; mais ces torrents fécondent leurs vallées discrètes, et roulent parfois un

(1) L'usage dès noms Paryadrès et Scydisès a été fixé par les géographes modernes ; chez les anciens ils sont employés avec peu de précision. Pour Strabon (XII, 3, 18), le Paryadrès est seulement la partie de la chaîne côtière qui borde au nord la vallée du Lycos et forme (( le flanc oriental )) (plus exactement N.-E.) du Pont. Les massifs orientaux, tant ceux qui courent entre l'Euphrate et les rivières pontiques, que ceux qu'on rencontre entre la côte, le Karchout et le Tchorouk (Kolat dagh, Parkhal), sont réunis sous l'appellation de Scydisès. Au delà de l'Acampsis (Tchorouk) commencent les monts Moschiques. Les modernes ont à peu près interverti le sens de ces termes; ainsi pour Kiepert, c'est le Parkhal qui est le Parj^adrès par excellence.

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