MORT DE NICOMÈDE ÉPIPHANE
seul fut déclaré légitime, mais son père semble avoir prévu les embarras que causeraient un jour à sa succession les droits à peu près égaux de ses fils. Ce fut sans doute pour indemniser d'avance le bâtard et écarter ses prétentions au trône de Bithynie qu'il l'investit, sous le nom dePylémène, d'une partie du ro3 aume paphlagonien (1); mais on sait qu'en 95 la Bithynie fut dépouillée de ses conquêtes. Le faux Pylémène dut quitter le trône éphémère de Gangra, et le vieux roi, sentant sa fin prochaine, le relégua, avec sa mère et sa sœur, dans la ville libre, voisine et amie, de Cyzique : il attribuait à sa famille naturelle, pour toute part dans son héritage, une fortune de 500 talents (3 millions) (2). Peu après, Nicomède Épiphane mourait, peut-être empoisonné (3), et son fils aîné lui succédait sans difficulté. Il prit le surnom de Philopator (4), mais continua de frapper monnaie au nom et à l'effigie de son père.
Nicomède III était un despote lâche, cruel et vicieux, qui rappelait à tous égards son aïeul, le second Prusias. Il débuta, paraîtil, en mettant à mort tous ceux de ses parents qui auraient pu lui faire ombrage, à l'exception de sa tante Lysandra (5) (une
[^/i]o contentus qmm..., ac hgîthnum procrearat, tollit ex concubina Socraten nomine. Les
éditeurs de Bonn ont inséré après quem les mots ex Aristonica et après concubina : Hane Sicheana; mais ces deux conjectures sont mal autorisées par les débris du palimpseste, et le nom de la mère de Nicomède III était Nysa d'après Memnon, c. 30 (NixofjLrjûYiv tôv ex Ntxofj-rjôouç xat Nudrjç). C'était une danseuse : Trogue Pompée chez Justin XXXVIII, 5, 10 : Nicomedi... saîtatricis Jiiio. Appien, 3IitJi. 13, confirme que Nicomède était l'aîné.
(1) Il n'est dit nulle part que le faux Pylémène soit identique à Socrate, mais comme, d'après Licinianus , Épiphane n'eut que deux fils , Pylémène doit être ou Nicomède ou Socrate : or il est invraisemblable qii'Epiphane ait affublé d'un faux nom son héritier légitime, ce qui équivalait à l'exclure de sa succession. C'est par une raison analogue qu'on ne saurait considérer le faux Ariarathe comme le fils aîné de Mithridate.
(2) Licinianus, loc. cit. : eamque (la mère de Socrate) C^yzyiÇc^um cum Socrate et qnin- (/i'utis talentis ablegat.
(3) Licinianus, loc cit. : sene mortuo , [injoer^wm an veneno succedit (suivent des lignes
mutilées qui paraissent faire allusion à des massacres ordonnés par Nicomède III, dès son avènement, parmi les membres de sa famille).
(4) Ce surnom lui est donné par les auteurs (Appien , Mitli. 7, etc.) et par la chronique capitoline C. I. G. IV, 6855 d; mais je ne connais pas d'inscription officielle de Nicomède III où il le prenne.
(5) Licinianus, loc. cit. \so']rorem j)atris ducit [\xx]orem... qti{aym... liulc vivo noverat. Quant au nom, Lysandra, il est attribué par Tzetzès, ChiliadeSj III, ! 60 (F. H. G. III, 600) à. une fille de Nicomède l'^f, sœur, dit-il, de Prusias (xovôoou;. Mais Prusias [aovooou; était fils de Prusias II et non de Nicomède I''*' (Liv. ep. 50 ; Valère Maxime I, 8 ext. 2) ; Tzetzès s'est donc probablement aussi trompé pour Lysandra, et si celle-ci est bien la fille de Prusias II, on peut, sans crainte, reconnaître en elle la femme de Nicomède III. Ces enfants du second lit de Prusias II sont également mentionnés par Justin XXXI V, 4.
MITIIUIDVTE. 8