CLYTEMNESTRE , IPHIGÉNIE , ÉRIPHILE , DORIS
CLYTEMNESTRE, à Iphig/nie.
Ma fille, il faut partir, sans que rien nous retienne, Et sauver , en fuyant , votre gloire et la mienne.
Je ne m’étonne plus qu’interdit et distrait ,
Votre pere ait paru nous revoir à regret.
Aux affronts d’un refus craignant de vous commettre. Il m’avoit par Areas envoyé cette lettre.,
( Lui montrant la lettre d’Agametnnon. )
Areas s’est vu trompé par notre égarement.
Et vient de me la rendre , en ce même moment. Sauvons, encore un coup , notre gloire offensée.
Pour votre hymen Achille a changé de pensée;
Et, refusant l’honneur qu’on lui veut accorder , Jusques à son retour il veut le retarder.
Ékiphiu, à part .
Qu’cntends-je ?
CtïTEMNEsni, à Iphigénie.
Je vous vois rougir de cet outrage...^ Il faut d’un noble orgueil armer votre courage. Moi-même, de l’ingrat approuvant le dessein,
Je vous l’ai dans Argos présenté de ma main ;
Et mon choix, que fiattoit le bruit de sa noblesse. Vous donnoit avec joie au fils d-’une Déesse.
Mais, puisque désormais son lâche repentir Dément le sang des Dieux dont on le fait sortir.
Ma fille , c’est à nous de montrer qui nous sommes ,
Et de ne voir en lui que le dernier des hommes.
Lui ferons- nous penser , par un plus long séjour }
Que vos vœux de son cœur attendent le retour? Rompons, avec plaisir, un hymen qu’il différé.
J’ai fait de mon dessein avertir votre pere.
Je ne l’attends ici que pour m’en séparer.
Et pour ce prompt départ-je vais tout préparer...
( A Eriphile. )
Je ne vous presse point. Madame , de nous suivre.
En de plus chères mains ma retraite vous livre.
De vos desseins secrets on est trop éclairci ;
Et ce n’est pas Calchas que vous cherchez-ici.
( Elle sort. )