Correspondance complète, Paris, 1865, t. I,p
et, par eux, avec l’aimable Aïssé ^ Elle comptait sur l'influence du cardinal pour faire accepter ce projet par ses parents de Yichy et surtout par sa tante maternelle, la duchesse de Luynes. L’éventualité d’une réclamation d’état par mademoiselle de Lespinasse avait été envisagée, discutée, et le cardinal n’y avait vu ni un danger sérieux, ni une raison d’abandonner ce dessein. « Il me dit, raconte madame du Deffand, que je devrais me l’attacher, et que, dans le malheur dont j’étais menacé, elle me serait utile et nécessaire; que mes parents et M. d’Albon devraient le désirer eux-mêmes, parce que c’était le plussûr moyen de s’assurer d’elle. Nouspesàmes tous les inconvénients qu’il pourrait y avoir, et nous n’en vîmes aucun qu’il ne fût aisé de prévenir et de détruire. »
Fortes de cet appui, madame du Deffand et mademoi- ' selle de Lespinasse entrèrent aussitôt en campagne : la première en pressentant une dame de Lyon, fort amie [j du comte d’Albon, la seconde en écrivant directement à celui-ci. Ces tentatives n’eurent pas plus de succès l’une que l’autre. L’amie se montra tout d’abord hostile, le comte d’Albon répondit par un refus et jamais il ne fit à mademoiselle de Lespinasse aucune pension , comme on en a la preuve dans l’inventaire dressé après la mort de celle-ci, lequel ne mentionne que la rente viagère léguée par la comtesse d’Albon. Le mariage qu’il contracta vers cette époque (21 août 1751) avec une } personne d’assez petite noblesse, Anne-Marie-Jacqueline Ollivier, dotée de trois cent vingt-neuf millelivres, donnerait à penser que lui-même, son père vivant encore, n’était pas maître d’une bien grande fortune,
I ou que celte fortune était déjà diminuée. En même
1. Voir notre édition des Lettres de rrtademoiselle Afssé, Charpentier, 1873, p. Î83.