‹ Mlle de Lespinasse et la Marquise du DeffandChapitre 14 sur 54 · Correspondance complète. Paris, 1865, t. I, p · texte numérisé non relu

Correspondance complète. Paris, 1865, t. I, p

I moiselle de Lespinasse est bien vivement touchée des choses charmantes que vous dites d’elle; quand vous j la connaîtrez davantage, vous verrez combien elle les mérite; chaque jour j’en suis plus contente'.» Imimême écrivait à celle-ci :

« Par mademoiselle de Lespinasse, vous retrouvez des yeux, et, ce qui est encore plus nécessaire, madame, elle exerce la bonté et la sensibilité de votre cœur. Je me sais bon gré de l’opinion que j’ai d’abord conçue d’elle, et je vous supplie de me ménager quelque part à sa bienveillance. » Et s’excusant de la longueur de cette lettre : « J’en rougis, ajoutait-il, quand je pense que mademoiselle de Lespinasse va s’épuiser à lire tout ce barbouillage. Pardonnez-moi, mademoiselle, c’est la faute de madame, et en votre faveur je vais finir, sans écouter l'envie que je me sens de l’entretenir encore deux autres heures du respect et de l’atlachement que j’ai pour elle »

Bientôt les petits vers, les épîtres familières, les chansons, toute cette menue monnaie de la galanterie ou même simplement de la politesse du temps, allèrent à l’adresse de mademoiselle de Lespinasse, presque aussi souvent qu’îi celle de madame du Deffand. Dans un recueil de vers manuscrit, formé par mademoiselle de Lespinasse, qui le légua au marquis de Saint-Chamans, père de madame de Meulan, et dont nous devons l’obligeante communication îi la bienveillance de M. Guillaume Guizot et h son libéralisme littéraire, nous trouvons ces deux couplets dont la date peut être fixée ii l’année 1757 :

POUR MADEMOISELLE DE LESPINASSE Sur l’air dbs Bergers de ilainlenon.

Parlez sans art, sans art vous pouvez plaire,

Jeune beauté, à votre Age on peut faire Quelques écarts, mais non pas de grammaire.

1 . Correspondance complète. Lettre du 1 1 juillet I 755, p. 2i0.

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