Mémoires secrets, t. IX, p
madame du DefFand qui, louchde des infortunes de made- I moiselle de Lespinasse, et de l'esprit et des qualités qu’elle 1 annonçait, lui avait proposé de venir loger chez elle *. »
] Trois choses, quant îi l’objet qui nous occupe en ce I moment, résultent de ce récit où la vérité est mêlée ù ! l’erreur : que mademoiselle de Lespinasse serait née j d’un commerce adultérin, qu’elle aurait eu un frère et j une sœur légitimes, et que la mort de sa mère aurait eu lieu peu de temps après son installation chez la marquise du Deffand, c’est-à-dire vers 1754. Nous verrons que la dernière des ces suppositions est inexacte, et que I d’autres détails, que nous ne relevons pas ici, sont tout 1 au moins invraisemblables. Quant à Grimm, s’il entre dans moins de détails, il compense cette réserve en nommant la personne à qui mademoiselle de Lespinasse I dut la naissance :
« Le nom qu’avait pris mademoiselle de Lespinasse est fort connu en France; mais ce n’était pas le sien ; elle était fdle naturelle de madame d’Albon, qui n’a jamais osé la reconnaître, et dont elle n’a jamais voulu recevoir aucun bienfait depuis qu’elle a senti le prix de celui qui lui avait été refusé. Les leçons de M. d’Alembert, l’exemple môme de son courage, n’ont jamais pu la consoler du malheur de sa naissance »
Voilà ce que les contemporains de mademoiselle de Lespinasse disaient tout haut ou se confiaient tout bas, touchant sa naissance et sa famille; lorsqu’au commencement de ce siècle, la publication, en 1810, des lettres de la marquise du Deffand, alliée aux d’Albon par son frère le marquis de Vichy-Chamrond, et celle des lettres de mademoiselle de Lespinasse elle-même, en 1809, vinrent changer ces conjectures eu [ireuves plus di-