‹ Mlle de Lespinasse et la Marquise du DeffandChapitre 4 sur 54 · Voir ce testamcDt p · texte numérisé non relu

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4. Abel-Claude-Marie-Cécile, comte de Vichy-Chamrond , né vers 1745, fils de Gaspard de Vichy-Chamrond, maréchal de camp, mort en 1781, et de Üiane-Camille d’Albon, morte le 3 juillet 1773, Guidon des gendarmes

qu’elle appelait son neveu, et mentionnait expressément comme sa mère la comtesse d’Albon.

La maison d’Albon, à laquelle appartenait mademoiselle de Lespinasse, était l’une des plus anciennes et des plus illustres du Lyonnais. Elle s’était distinguée au quatorzième et au quinzième siècle dans les luttes des ducs de Bourgogne contre les rois de France et avait embrassé le parti de ceux-ci. Au seizième siècle, un Claude d’Albon, après avoir pris part, en 1548, îi l’expédition d’Écosse, commandée par André de Montalembert, seigneur d’Essé, était mort glorieusement en dé- | fendant les remparts de Metz. Mais le plus célèbre de ! celte race militaire avait été ce Jacques d’Albon, si fameux sous le nom de maréchal de Saint-André, qui joignait aux talents du général et à l’habileté du poli- i tique, l’amour des arts et le goût de toutes les délica- ‘ tesses et de toutes les élégances, et qui trouva la mort à | la bataille de Dreux. A la fin du dix-septième siècle, ; cette famille était encore représentée par trois bran- j ches : celle des seigneurs de Monlaut, rameau de la i branche aînée des comtes de Chazeul, récemment ! éteinte; celle des marquis de Saint-Forgeux, devenus ■ princes d’Yvetot par le mariage de Camille d’Albon | avec Jeanne de Crevent ; et celle des comtes de Saint- Marcel, seigneurs de Curis, dans laquelle allait bientôt se confondre la précédente. C’est à cette dernière branche qu’appartenait ce comte d’Albon dont la femme, Françoise d’Albon, héritière de la branche des marquis de Saint-Forgeux ^ fut mère de mademoiselle de Lespinasse, et de deux autres enfants : un fds, Ca-

de Berry et chevalier de Saint-Louis, il épousa Claude-Marie-Joseph de Saint- Ceorges, morte âgée de trente-trois ans, le 27 janvier 1775, en son château de Montceaux en Méconnais.

1. Le grand père de celte Françoise d’Albon, Gaspard, marquis de Saint- Forgeux avait épousé Françoise de Damas, fille du comte de Thianges, de la même famille que ce comte d’Anlezy, qui fut l'un des plus dévoués amis de mademoiselle de Lespinasse.

it mille-Alix-Éléonore, vicomte d’Albon, né en 1724, et une fille, Camille-Diane, née en 1716, et qui, en 1739, • épousa le marquis de Yichy-Chamrond, frère aîné de i| madame du Detîand. Ce n’était pas d’ailleurs la pre- I mière fois que les familles de Vichy et d’Albon s’unis- I salent par mariage : le grand-père de madame du Defj fand avait épousé une fdle de Pierre d’Albon, marquis I de Saint-Forgeux, bisaïeul de la mère de mademoiselle j de Lespinasse.

I Quelles furent les circonstances de cette liaison à laj quelle mademoiselle de Lespinasse dut le jour? Bien que les détails manquent, l’on sait cependant qu’elle ne ■ fut pas l’erreur d’une première et aveugle jeunesse. Née à Lyon, le 28 juillet 1693, la comtesse d’Albon avait trente-sept ans lorsqu’elle mit au monde mademoiselle de Lespinasse. Privée de sa mère, trois ans après sa naissance, et placée sous la direction d’un père, dont la vie, si nous en croyons une note du Cabinet des titres, ne paraît pas avoir été très-exemplaire, le mariage qu’elle contracta, en 1711, avec son cousin Claude d’Albon, comte de Saint-Marcel, ne fut probablement dicté que par un intérêt de famille, celui de ne pas laisser passer dans une maison étrangère le riche patrimoine des marquis de Saint-Forgeux, accru récemment de celui des Crevent, princes d’Yvetot. Lors de cette union, elle avait seize ans îi peine, son mari vingtquatre. Mais cette différence d’âge ne suflirait pas seule à expliquer la séparation qui, après la naissance d’un premier enfant en 1716, et d’un second en 1724, se produisit entre les époux. C’est probablement entre ces deux dates, 1724 et 1732, (ju’il faut placer la liaison coupable à laquelle s’abandonna la comtesse d’Albon, et qui ne laissa pas de provoquer h Lyon, sa l'ésidence habituelle, bien des propos médisants, et même un peu de scandale. Sur ce dernier point nous pouvons invoquer

le récit de madame du Deffand, quand elle parle des répugnances que mademoiselle de Lespinasse lui manifesta d’aller s’établir à Lyon « où de certaines choses fort désagréables pour elle étaient de notoriété publique ^ »

Sur la foi de Bachaumont, des biographes ont prétendu que le père de mademoiselle de Lespinasse était un prélat, célèbre alors à plus d’un titre. « L’on sait aujourd’hui, disent les Mémoires secrets à la date du 31 mai 1776, en annonçant sa mort, que mademoiselle de Lespinasse était bâtarde du cardinal de Tencin, comme d’Alembert est bâtard de madame de Tencin. Identité d’origine et espèce de parenté , premières causes des liaisons de ces deux personnes » Malgré l’assurance du chroniqueur, son affirmation ne nous paraît pas acceptable, et, après un examen attentif des faits , nous croyons devoir la repousser. Dans cette hypothèse, en effet, mademoiselle de Lespinasse eût été la cousine germaine non-seulement de l’illustre géomètre, mais aussi de Pont-de-Veyle et de d’Argental, tous deux fils de la comtesse de Ferriol, sœur du cardinal et de madame de Tencin, dont l’un mourut deux années avant elle, et l’autre lui survécut jusqu’en 1788. Or, on s’expliquerait assez mal le silence presque complet qu’elle garde sur ces deux fils de la sœur aînée du cardinal.

D’un autre côté, si les mœurs et surtout la réputation du cardinal de Tencin ne protestent pas absolument contre une pareille supposition, il n’en est pas de même de son âge. Né en 1680, il avait dépassé la cinquantaine lorsque naquit l’enfant dont les mémoires de Bachaumont lui attribuent la paternité; et l’on conviendra que ce n’est pas lâ précisément l’âge des erreurs

t . Lettre du 30 mars 1754, Correspondance complète, (865, t. I, p. 203.

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