Mémoires secrets, t. IX, p
j amoureuses. Enfm un témoignage, décisif à cet égard,
! est celui de madame du Deffand. Dans sa lettre du j 30 mars i734 à la duchesse de Luynes, racontant les i circonstances de son séjour îi Lyon, en 1752, avec mademoiselle de Lespinasse : « M. le cardinal de Tencin, ditelle, la rencontra chez moi dans la visite qu’il me rendit; il me demanda qui elle était, je ne fis pas difficulté de lui en faire la confidence, il n’y avait dans la ville personne de qui il n’eût pu l’apprendre L » Ce passage ne repousse-t-il pas toute idée de parenté entre mademoiselle de Lespinasse et le cardinal de Tencin? Si cette parenté eût existé, madame du Deffand, qui ne l’aurait pas ignorée, n’eût pas été assez naïve pour raconter à ce prélat l’histoire d’une personne dont mieux qu’elle encore il aurait su l’origine.
Quoi qu’il en soit, si madame d’Albon ne donna pas à l’enfant qu’elle mit au monde, en 1732, un état régulier, ce fut tout ce qu’elle lui refusa des bienfaits de la légitimité; car elle prit la jeune Julie auprès d’elle, l’éleva avec ses autres enfants et en particulier avec .son fils, pour lequel mademoiselle de Lespinasse paraît avoir puisé, dans une communauté de jeux et peut-être d’études, une sympathie très-vive, qui ne s’affaiblit que plus tard, quand il eut répondu si mal, ainsi qu’on le verra, à sa confiance et à son désintéressement. II n’est pas jusqu’il ce nom de Lespinasse qui, à celte époque, ne dut prêter h l’illusion sur l’état de celle qui le portait. Car ce nom était celui d’une terre, entrée três-anciennement dans le patrimoine de la famille d’Albon, et dont une branche, celle des seigneurs de Saint-André, j avait même pris le litre. Celte particularité jointe au I prénom de Julie, qui était aussi celui de la comtesse I d’Albon, donnait îi mademoiselle de Lespinasse une