‹ Mlle de Lespinasse et la Marquise du DeffandChapitre 9 sur 54 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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les plus durs et les plus humiliants, que sa patience était il bout... qu’elle ne pouvait plus supporter les scènes qu’on lui faisait tous les joui's... qu’il n’y avait rien au monde qu’elle ne préférât â rester â Ghamrond^... » Mademoiselle de Lespinasse s’était alors arrêtée h l’idée d’entrer dans un couvent de Lyon, et d’obtenir â cet effet une pension viagère du jeune comte d’Albon, sur l’affection et la reconnaissance duquel elle croyait pouvoir compter. Tout ce que put lui dire madame du Deffand sur « l’ennui qu’elle y éprouverait, sur la misère même qui l’y attendait si elle se trouvait réduite aux cent écus de rente du legs de la comtesse d’Alhon, » ne purent l’en dissuader. Si peu attrayants que lui parussent le cloître et le séjour de Lyon, où sa présence réveillerait d’anciens bruits pénibles pour la mémoire aimée et respectée de sa mère, elle les préférait encore au sort qui lui était fait ù Ghamrond. Est-ce h dire cependant que tous les torts aient été du côté des Vichy et qu’il n’y eût pas quelque exagération dans les plaintes de mademoiselle de Lespinasse? Il serait téméraire de l’affirmer; mais, ce qui est certain, c’est que les craintes dont madame de Vichy ne pouvait se départir à l’égard des droits de mademoiselle de Lespinasse ne durent pas la porter îi la bienveillance envers elle, et qu’au témoignage de madame du Deffand, le caractère de sa belle-sœur n’était ni des plus faciles ni des plus aimables. « Je connais trop bien madame de Vichy, écrivait-elle plus tard ù mademoiselle de Lespinasse au sujet de la grande affaire de leur réunion, pour croire qu’elle restera tranquille »

Gependant le comte d’Albon, sans rien promettre encore quant à la pension viagère, ne s’était pas opposé à l’entrée dans un couvent de Lyon, et l’on peut croire

1. Correspondance complète de madame du Deffand, t. I, p. 202.

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