‹ Mlle. X ..., souris d'hotelChapitre 14 sur 19 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

CE SALE argent!

En fait d'auto, j'ai commandé mon Russe et ses deux biques de Hongrie, pour tuer ces deux après-midi avant le retour de Molesko et de son notaire. Quand même, avec ce grand jésuite de Jean, ça vaut mieux. Je le sens trop amoureux.

Trop amoureux lui, et moi trop nerveuse à la fin. Depuis douze jours que je suis en Roumanie, attendant une solution, il me semble avoir vécu plusieurs mois, presque une année, toute seule et très loin de moimême.

Cette impression ne me quitte pas, elle me revient à chaque instant, j'ai cru la combattre en me répétant que c'était pour

244 m"^ X... SOURIS d'hôtel

Georges... Pas du tout. C'est bien pour Georges, mais ça ne l'empêche point de m'obséder : si je l'avais prévue, je n'aurais probablement pas eu le courage d'accepter l'aventure.

Elle aboutit à de singuliers résultats!

Ainsi, dans l'état de nervosité et d'inquiétude où je suis, je ne me sens même plus de goût à écrire à Georges; je me contente de lui envoyer un télégramme par-ci, un télégramme par-là, avant-hier deux, hier pas un, aujourd'hui en me levant, j'ai voulu, et puis tout d'un coup, paresse, répugnance, découragement, je ne sais quoi... je me suis abstenue.

Je pense à toutes ces choses en traversant Bucarest. Skany assis à côté de moi, recueilli pour le moment comme un chat qui médite de bondir, se recueille au fond de ses instincts et de sa force.

i — Connaissez-vous votre voisine d'appartement? me demande brusquement le docteur-prince.

— Laquelle, la grande grosse?...

— Oui, l'énorme. Une jeune juive que son mari amène de Jassy... Fortune colossale... Des sauvages... Sauf leurs terres et le bé-

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