‹ MMAF 5, Fasc. 4, Tombeaux ThébainsChapitre 33 sur 36 · V. SCHEIL · texte numérisé non relu

V. SCHEIL

avec tunique courte festonnée, tourne la tête et lève un bras vers le scribe; il est placé devant le peloton de six hommes, portant un bras en sautoir sur l’épaule opposée et vêtus du pagne strié et taché de noir. Un second flabellifère s’avance à leur suite, à la tête de trois hommes marchant bras ballants et d’un autre groupe presque entièrement détruit. Toutes ces figures sont détachées en perspective.

Registre troisième. — Devant le scribe écrivant, un homme s’incline profondément en portant une main à la bouche. Derrière lui un compagon, en pagne ordinaire amène cinq magnifiques bœufs, à cornes presques horizontales. Un bouvier suit et les presse du bâton, au fond du registre.

Registre inférieur. — Devant le scribe écrivant, un homme en pagne ordinaire, s’incline en portant une main à la bouche, pendant que de l’autre il conduit en laisse un groupe de cinq chevaux, rouges, noirs, isabelle, à l’encolure puissante, au chanfrein effilé, que pousse du bâton un autre personnage, au fond du registre.

Dans ce tombeau, le haut des parois n’est pas autrement décoré que par une inscription courant en frise, comme le plafond qui est partagé au milieu par une bande avec inscription. Naturellement ces textes ont trait aux scènes des parois correspondantes.

LE TOMBEAU DE DJANNL

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Bande du plafond •' } A El M 1 1 1 .T, gÉ ^ î *WÈ SÈÊË

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LE TOMBEAU D’APOUI

Le tombeau du graveur Apoui ou Poui est situé dans le vallon de Deïr-el- Médinet à droite du chemin qui vient du petit temple deHathor, et à une centaine de mètres d’ascension. Il est de forme rectangulaire et peut mesurer de 6 sur 2 mètres. La voûte est effondrée, la chambre est à ciel ouvert.

Apoui était « porteur de ciseau » ou graveur, de son état, au service d’Ammon, dans la Thébes occidentale. Il vivait au temps de Ramsès II dont nous rencontrons le cartouche : Ra-user-ma-Sotp-n-Rî, sur la coque d’un bateau, dans le registre inférieur de la paroi B. Sa statue, entièrement en torchis, sur lequel était collée une toile, occupait une niche, au fond de la chambre, face à la

porte. On y lisait sur une bande entre les genoux : ^ ° A

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TOMBEAU D’APOUI

Pl. II.

Paroi A. — Troisième registre.

LE TOMBEAU D’APOUI.

Paroi B.

Cette paroi est composée de six registres. Les deux registres supérieurs aboutissent à un naos où le roi Aménophis IV, accoudé sur un coussin, reçoit les hommages des grands de sa cour et leur confère des honneurs. La caisse de ce naos est orné du signe Sam-taui enserrant d’un côté deux Asiatiques et de l’autre deux nègres.

A portée de la main du roi, dans le registre supérieur, sont disposés sur une table trois grands er trois petits colliers et quatre mains. Plus loin, sur des tables, trois vases en forme de cornues et neuf bonbonnes à goulot latéral. Au delà, ce sont quatre bœufs immolés, cinq rangées de trois poissons chacune quatre petites tables chargées de pains et de fruits; enfin, en arriére de cet amas, posé sur une sellette, un vase a pied. Suit un scribe incliné, vêtu d’une grande robe blanche à double étage, enregistrant sur sa tablette le nombre des bijoux distribués et le nom de qui les reçoit. Enfin, six personnages en grande robe s’inclinent légèrement dans la direction du naos royal, les deux bras pendant en avant.

Deuxième registre. — A niveau de la base du trône, deux personnages, tête rase, en grande robe de cérémonie, les pieds chaussés, s’inclinent devant le roi, 1 un et 1 autre portent le flabellutn et 1 insigne du linge (jfig. 1 ). Us forment avec ceux qui les suivent la corporation des Sotem as, à en juger par quelques

restes d’inscriptions placées dans les intervalles -^fj°||j|§^

: on

P Deux autres suivent dans le même

costume et dans la même attitude, avec grande perruque. Trois autres de front portent le cône sur la tete et sont vêtus d’une double robe dont l’une s’arrête à mi-jambe, 1 autre aux genoux. Ils lèvent les deux bras en acclamant le souverain, pendant quun serviteur arrange les plis de leurs robes. Ce groupe se répète encore trois fois, mais devant chaque nouveau groupe est placée une petite table d offrandes. Puis, le registre se dédouble et l’on voit, d’un côté, quatre bœufs noirs ou bais poussés par deux bouviers en grande robe blanche. De 1 autre, trois scribes en grande robe blanche s’avancent à la file, tenant les

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deux derniers une tablette devant eux, le premier, un bâton de cérémonie ou une palette, tous les trois levant la main gauche à hauteur du front. Le reste

Troisième et quatrième registres. — Les registres troisième et quatrième aboutissent, sous le trône d’Aménophis, à un petit pavillon où la momie étendue sur un lit achève d’être parée par deux individus qui se penchent sur elle, aux deux extrémités. Un jeune homme accroupi au pied du tréteau funéraire tient un coffret cubique où on lit : (] !j. Dans le champ du pavillon, on

lit aussi : (j ^ (J Q ^ ^ ' . Hors du pavillon, à l’extrémité du

troisième registre, est étalé le mobilier funéraire, une boîte à oushebtis, deux sièges à dossier, deux autres coffrets, deux pliants, une table, des vases, une paire de sandales, une paire de chaussures à empeigne, sans quartier ni talon, la semelle en avant recourbée à la poulaine,un lit, un coffret, un chevet, deux fouets. Deux boîtes de momie sont dressées devant le pavillon, à niveau du quatrième registre. L’officiant est sorti et s’est placé devant les deux momies; il annonce que tout est prêt pour le convoi. A cette voix, des théories de pleureuses poussent des cris de douleur. Cinq d’entre elles agenouillées à la file, dans le troi-

LE TOMBEAU D’APOUI.

siéme registre, se frappent la tête de la main gauche; derrière elle, huit autres debout à la file font de même, en tenant de la main droite une tige évasée par le haut, qui peut être une fleur ou un bâton. Dans le quatrième registre, on voit cinq de leurs compagnes, debout, se lamentant, et à leur côté, de front, une autre série, agenouillée, se livrant aux mêmes démonstrations. Tout ce monde est en grande robe blanche et porte les cheveux au vent. Dès lors, dans les deux registres, la paroi est dégradée, et l’on voit, lâ-bas, s’éloigner le convoi funèbre, la tête du cortège arrivera à la porte de l’hypogée. Devant cette porte à pavillon triangulaire sont disposés des vases et des pains ; cinq pleureuses se tournent vers le traîneau funéraire qui approche. Le personnage qui ouvre la marche asperge le parcours avec l’eau lustrale contenue dans un vase au moyen d’un petit balai d’herbes. Quatre amis du défunt suivent à la file et halent la barque. L’officiant à peau de panthère leur fait signe d’arrêter pendant qu’il tend le brûle-parfums vers le naos. A l’avant de ce naos on voit Nephthys, à l’arrière Isis. La barque avait deux rames-gouvernails.

La suite du cortège évolue sur le troisième registre : tel porte deux grands bâtons, un coffret à couvercle arrondi en pente; tel autre, sur sa tête, tient un siège à dossier qui supporte un coffret de même forme; huit personnages marchent deux à deux, les mains croisées sur la poitrine, vêtus de grandes robes serrées par une ceinture dont les extrémités retombent sur le côté. Un autre, du nom de ( ( (j (| ^ , porte encore un siège allongé, à dossier très bas.

Après cela, lacune due au mauvais état de la paroi.

Cinquième registre (PL I). — On entrait dans la maison d’Apoui, par un perron précédé de six marches et en traversant un portique de deux colonnes à chapiteau lotiforme. De chaque côté, le nénuphar et d’autres plantes aquatiques pullulent aux bords de deux bassins. A droite et à gauche, à l’ombre de sycomores, sont installées deux chadoufs pour l’irrigation du jardin : « Une poutre formant levier est suspendue, au tiers environ de sa longueur, entre deux montants verticaux : la branche la plus courte est armée d’un contrepoids en terre glaise » *, une poche en cuir dont les oreillettes sont reliées par une corde formant anse, pend à la plus longue. Le fellah tient des deux mains la corde

1, Maspero, Lectures historiques, p. 104. ,

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qui rattache l’anse de la poche à l’extrémité du levier. Quand la poche est vide, un effort de traction de haut en bas, commode puisqu’il permet de rester debout, la fait descendre; pleine, un effort très léger de bas en haut la ramène à la surface de l’eau, d’où elle est enlevée par le jeu de bascule. Dans les jardins d’Apoui, c’est là l’occupation de quatre hommes. Deux d’entre eux sont accompagnés de leur chien. En arrière du dernier groupe, du côté où la muraille est démolie, on voit un bras, celui d’une mère sans doute, qui donne un bain à son enfant. Le petit est tout entier sous l’eau, jambes et bras ramassés sous le corps, pendant que sa mère lui appuie la main sur le dos (voir pl. I) 1 .

Les cinquième et sixième registres aboutissent à trois petits tableaux superposés, sous le pavillon où la momie est préparée et dans l’angle des parois B et D. On y nettoie les divers linges destinés à la momie. A ce titre, ils se rapportent à ce qui a été dit plus haut des préparatifs du convoi : dans le premier tableau à même le sol, deux personnages lavent des étoffes, penchés sur deux grandes écuelles dont une à oreillette; un troisième en a retiré une bande dont il exprime l’eau ; un quatrième en emporte une qui est frangée à l’extrémité. Audessus, un autre se penche sur une grande auge rectangulaire, occupé au même travail, pendant que deux compagnons étendent chacun une étoffe presque carrée, frangée au bord inférieur. Enfin, dans le tableau supérieur, un personnage assis fait la lessive dans un baquet, pendant qu’un aide apporte une écuelle. Au-dessus de leur tête sont suspendus une peau, un grand tube, une outre (?) et un autre objet que le mauvais état de la paroi rend méconnaissable.

Registre inférieur. — Un homme suivi de deux femmes respirant des fleurs se tient devant une table d’offrandes couverte de pains, d’une tête de bœuf, de 'fleurs. — Au delà stationnent deux barques, dont l’une se termine en tête de bélier, en proue et en poupe, et porte le cartouche de Ramsès II :

Paroi A.

Tous les six registres de cette paroi, sauf un, se rapportent à la vie des champs* Registre supérieur. — Huit personnages sont assis à la file, un homme

i..Ce détail n’a pas été aperçu par le dessinateur, sur mon calque.

LE TOMBEAU D’APOUI.

alternant avec une femme. Le premier tient une palette de scribe contre son coeur. Devant lui, un homme debout élève et présente une masse ovale, une outre ou peut-être un vase qu’il incline. Presque toute la partie supérieure de ce registre est démolie.

Deuxième registre. ■ — On y trouve d’abord quelques traces d’une scène de moisson, puis le labourage où deux vaches sont attelées à la charrue. Le manche est tenu par le mari que sa femme suit en semant; deux individus piochent le sol, l’un au moyen d’une houe, l’autre avec un instrument un peu différent (fig. 2).

Dans le voisinage, sur un plan parallèle, deux travailleurs s’émancipent, l’un s’étire les bras, l’autre tient la houe sans rien faire, un troisième s’est pris à s’asseoir tranquillement. Le maître du champ survient et fait donner la bastonnade au dernier. Deux hommes l’empoignent 1 l’un par l’oreille, l’autre par Fig. 2.

le bras et lui appliquent des coups de bâton. Un peu plus loin, un scribe prend

des notes. En arrière du maître qui préside à ces petites scènes, le mur est très détériorié et l’on ne distingue plus qu’un tas de blé que des boisseleurs sont en train de mesurer (fig. 3). Tout prés de là, un troupeau parqué, et enfin des vanneurs occupés dans l’aire à nettoyer le blé (fig. 4).

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