‹ Mme Bonaparte, 1796-1804Chapitre 21 sur 54 · XXI. — A Joséphine, a Milan · texte numérisé non relu

XXI. — A Joséphine, a Milan

Castiglione, le â thermidor an IV.

{•12 juillet 179G.)

Les besoins de Vannée exigent ma présence dans ces environs. Il est impossible que je puisse ni éloigner jiisqu à venir à Milan; il me faudrait cinq à six jours et il peut arriver^ pendant ce temps-là., des mouvements oit ma présence pourrait être urgente ici.

Tu m'assures que ta santé est bonne; je te prie, en conséquence, de venir à Brescia. J'envoie à Vlieure même Mural pour t'y préparer un logement dans la ville comme tu le désires.

Je crois que tu feras bien d'aller coucher le 6 à Cassano en partant fort tard de Milan et de venir le 7 à Biescia où le plus tendre des amants t'attend. Je suis désespéré que tu puisses croire, ma boniie amie, que mon cœur puisse s'ouvrir à d'autres qu'à toi; il t'appartient par droit de conquête et cette conquête sera solide et éternelle. Je ne sais pourquoi tu me parles de M"^ Te... dont je me soucie fort peu, ainsi que des femmes de Brescia. Quant à tes lettres qu'il te fâche que j'ouvre, celle-ci sera la dernière ; ta lettre n'était pas arrivée.

Adieu, ma tendre a di le ; donne-moi souvent de tes nouvelles. Viens promptement me joindre et sois heureuse et sans inquiétude. Tout va bien et mon cœur est à toi pour la vie.

Aie soin de rendre à l'adjudant général Miollis'- la boite de médailles qu il m' écrit V avoir remise. Les hommes sont si mauvaises langues et si méchants qu'il faut se mettre en règle sur tout.

Santé., amour et prompte arrivée à Brescia.

J'ai à Milan une voiture à la fois de ville et de campagne ; tu te servi/ns de celle-là pour venir. Porte avec toi ton argenterie et une partie des objets qui te sont. nécessaires. Voyage à petites journées et pendant le frais, afin de ne pas te fatiguer. La troupe ne met que trois jours pour se rendre à Brescia. Il y a en poste pour quatorze heures de chcmi/i. Je t'invite à coucher le 6 à Cassano. Je viendrai à ta rencontre le 7 le plus loin possible.

Adieu, ma Joséphine^ mille tendres baisers'^

' II s'agit bien assurément de Sextus-Alexandre-François Miollis (17.59-1628), dont la conduite sous Mantoue fut incomparable et qui fut rexcellent gouverneur général des départements romains,

de 1 S 1 1 à I S I ; .

' Recueil Hortense, I, iig. Quelques fragments dans Robert Hait, 240, qui lit Violle pour Miollis.

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