XXIV. — A Joséphine
Brescia, i4 fructidor an IV.
(3i noûl.)
Je pars à V instant pour Vérone. J'avais espéré recevoir une lettre de toi. Cela me met dans une inquiétude affreuse. Tu étais un peu malade lors de mon départ. Je t'en prie, ne me laisse pas dans une pareille inquiétude. Tu m'avais promis plus d'exactitude. Ta langue était cependant bien d'accord alors avec ton cœur... Toi, à qui la nature a donné douceur, aménité et tout ce qui
' Rec. Ilortense, I, ()> ; ])ub. par Robert Hall sans chîinj^ement, p. 24 '•
plaît, comment peux-tu oublier celui qui Vaime avec tant de chaleur? Trois jours sans lettres de toi; je Vai pourtant écrit plusieurs fois. L'absence est horrible. Les nuits sont longues, ennuyeuses et fades ; la journée est monotone.
Aujourdhuij -seul avec les pensées., les travaux, les écritures., les hommes et leurs fastueux projets, je nai pas même un billet de toi que je puisse presser contre mon cœur.
Le quartier général est parti. Je pars dans une heure. Jai reçu cette nuit un exprès de Paris., il ny avait pour toi que cette lettre qui te M fera plaisir .
Pense à moi, vis pour moi, sois souvent avec ton bien-aimé et crois qu'il nest pour lui qu'un seul malheur qui Veffraie, ce serait de ne plus être aimé de sa Joséphine. Mille baisers, bien doux, bien tendres, bien e.rclusifs.
Fais partir de suite M. Mondas (?) pour Vérone. Je le placerai. Il faut quil soit arrivé avant le i%^
11 quitte Brescia le i4, pour Desenzana, Pesclîiera, Vérone où il est le i6, et le 17 il arrive à Alaoù il jette, à Seravalie, un pont de bateaux
' Rcc. Hvrtensc, 1, Gj ; fragments dans Robert Hait, p. 241.
sur TAdige. Il livre, le lendemain i8, et gagne la bataille de Roveredo.