‹ Mme de GirardinChapitre 20 sur 104 · DECEPTIONS DE DELPHINE GAV · texte numérisé non relu

DECEPTIONS DE DELPHINE GAV

On se rit des chagrins étalés avec pompe ;

Les yeux indifférents exigent qu'on les trompe.

Il faut, se dérobant à leur vaine pitié,

Réserver sa tristesse aux soins de l'amitié.

Eh ! qui pourrait me plaire en ce monde frivole,

Où, soumis à l'orgueil, chaque jour on immole

A de vils intérêts les plus doux sentiments,

Où le soin de briller remplit tous les moments ;

Où la jeunesse, hélas! riche d'expérience,

A fait de l'amour même une froide science :

Dans ce siècle pédant, charmer n'est plus un don,

Tout est calcul : les soins, le dépit, l'abandon,

Les regards, les soupirs, la douce rêverie...

Que de lassitude! Quel retour pénible sur elle-même, sur cette première jeunesse brillante sans doute, mais vide pourtant, amèrement vide! Écoutez ce qu'elle nous confie :

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