VIII. — LA MORT DE LOUVOIS
[A M. de Covlangcs) Gripnan. 2G juillet 1691.
Je suis tellement éperdue de la nouvelle de la mort très subite de M. de Louvois, que je ne sais par où commencer pour vous en parler. Le voilà donc mort, ce grand ministre, cet homme si considérable, qui tenait une si grande place; dont le moi, comme dit M. Nicole, était si étendu ; qui était le centre de tant de choses : que d'affaires, que de desseins, que de projets, que de secrets, que d'intérêts à démêler, que de guerres commencées, que d'intrigues, que de beaux coups d'échecs à faire et à conduire ! « Ah, mon Dieu ! donnez-moi un peu de temps ; je voudrais bien donner un échec au duc de Savoie, un mat au prince d'Orange. — Non, non, vous n'aurez pas un seul, un seul moment. » Faut-il raisonner sur cette étrange aventure ? Non, en vérité ; il y faut réfléchir dans son cabinet. Voilà le second ministre J que vous voyez mourir, depuis que vous êtes à Rome : rien n'est plus différent que leur mort, mais rien n'est plus égal que leur fortune, et les cent millions de chaînes qui les attachaient tous deux à la terre.
1 L'année précédente élait mort M. do Seignelay, fila 'lu grand Colbcrl. o\ qui riait ministre do la marine.