‹ Mme de SévignéChapitre 118 sur 123 · MADELEINE DE SCUDERY · texte numérisé non relu

MADELEINE DE SCUDERY

Aux Rochers, 25 septembre 1G80.

... Mlle de Scudéry vient de m'envoyer deux petits volumes de Conversations f. Il est impossible que cela ne soit bon, quand cela n'est pas noyé dans son grand roman.

[A il/110 de Scudéry] 11 septembre 1684.

En cent mille paroles, je ne pourrais vous dire qu'une vérité, qui se réduit à vous assurer, Mademoiselle, que je vous aimerai et vous adorerai toute ma vie : il n'y a que ce mot qui puisse remplir l'idée de votre extraordinaire mérite. J'en fais souvent le sujet de mes admirations, et du bonheur que j'ai d'avoir quelque part à l'amitié et à l'estime d'une telle personne. Comme la constance est une perfection, je me réponds à moi-même que vous ne changerez point pour moi ;et j'ose me vanter que je ne serai jamais assez abandonnée de Dieu pour n'être pas toujours tout à vous. Dans

1 M"- Madeleine de Scudéry. une précieuse du xvn° siècle, avait publié, en collaboration avec son frère Georges, des romans qnJ sont restés célèbres et parmi lesquels il faut citer : Ibrahim, le Grand Cyrus, Clélie.

cette confiance,, je pars pour la Bretagne, où j'ai mille affaires; je vous dis adieu, et vous embrasse de tout mon cœur; je vous demande une amitié toute des meilleures 'pour M. de Pellisson : vous me répondrez de ses sentiments. Je porte à mon fils vos Conversations : je veux qu'il en soit charmé, après en avoir été charmée.

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