UN SONGE
I l/,iic de Grignan] Les Rockers, S janvier J07G.
Voici le jour de vous conter mon songe. Vous saurez que vers les huit heures du matin, après avoir songé à vous la nuit, sans ordre et sans mesure, il me sembla
V ers Je Malherbe û MB1 d'Aucbj .
bien plus fortement qu'à l'ordinaire que nous étions ensemble, et que vous étiez si douce, si aimable et si caressante pour moi, que j'en étais toute transportée de tendresse; et sur cela je m'éveille, mais si triste et si oppressée d'avoir perdu cette chère idée, que me voilà à soupirer et à pleurer d'une manière si immodérée, que je fus contrainte d'appeler Marie ; et avec de l'eau froide et de l'eau de la reine de Hongrie je mutai le reste de mon sommeil, et je débarrassai ma tète et mon cœur de l'horrible oppression que j'avais. Cela me dura un quart d'heure, et tout ce que je vous en puis dire, c'est que jamais je ne m'étais trouvée dans un tel état.