I -!/""' de Griynan] Paris, 2î> octobre 1(JSS
... Mais parions de Phiiipsbourg : voilà une lettre de vôtre enfant, du 18; il se porte fort bien ; vous verrez, par toutee que vous dit .M. du Plessis, qu'il ne fera pas de honte à ses parents. .Mais admirez les arrangements
1 Le petit marquis accompagna, en 1688, le dauphin au siège de Philipsville du grand-duché de Bade.
- Le régiment <lc Champagne.
de la Providence; la pluie l'a empêché d'être le lendemain, avec le régiment de Champagne, de l'action la plus brillante et la plus dangereuse qu'il y ait encore eu; c'est la prise d'un ouvrage à cornes, qui fut enlevé le 19, où le marquis d'Harcourt, maréchal de camp, le comte de Guiche, le cadet du prince de Tingri, le comte d'Estrées, Gourtin et quelques autres, se sont distingués ; le fils de M. Gourtin est mortellement blessé, le marquis d'Uxelles légèrement...
Le chevalier me fait rire : il est ravi que le marquis n'ait point été à cette occasion, et il est au désespoir qu'il ne se soit pas distingué; en un mot, il voudrait qu'il fût tout à l'heure comme lui, et que sa réputation fût déjà toute parfaite comme la sienne; il faut avoir un peu de patience. J'espère, ma chère fille, que tout se passera désormais comme nous pouvons le souhaiter pour revoir notre enfant en bonne santé.
[A Mme de Griynan] Paris, 1er novembre 1G88.
Philipsbourg est pris, ma chère enfant; votre /ils se porte bien. Je n'ai qu'à tourner cette phrase de tous côtés, car je ne veux point changer de discours. Vous apprenez donc par ce billet que votre enfant se porte bien, et que Philipsbourg est pris. Un courrier vient d'arriver chez M. de Villacerf,qui dit que celui de Monseigneur est arrivé à Fontainebleau pendant que le père Gaillard prêchait : on l'a interrompu, et on a remercié Dieu dans le moment d'un si heureux succès et d'une si belle conquête. On ne sait point de détails, sinon qu'il n'y a point eu d'assaut, et que M. du PJessis disait vrai quand il assurait que le gouverneur faisait faire des chariots pour porter son équipage. Respirez donc, ma chère enfant; remerciez Dieu premièrement : il n'est point question d'un autre siège; jouissez du plaisir que votre fils ait vu celui de Philipsbourg : c'est une date admirable, c'est la première campagne de M. le Dauphin. Ne seriez-vous pas au désespoir
qu'il fût seul de son âge qui n'eût point été à cette occasion., et que tous les autres fissent les entendus? Ah, mon Dieu! ne parlons point de cela; tout est à souhait, ('/est vous, mon cher Comte, qu'il en faut remercier : je me réjouis de la joie que vous devez avoir; j'en fais mon complimenta notre coadjuteur, voilà une grande peine dont vous êtes tous soulagés. Dormez donc, ma 1res belle, mais dormez sur notre parole. Si nous êtes avide de désespoirs, comme nous le disions autrefois, cherchez-en d'autres, car Dieu vous a conservé votre cher enfant. Nous en sommes transportés et je vous embrasse dans cette joie avec une tendresse dont je crois que vous ne doutez pas.