‹ Mme de StaëlChapitre 25 sur 55 · LE CONSULAT · texte numérisé non relu

LE CONSULAT

tades jaillissaient de plus belle, et Ton peut juger des propos que lui prêtaient les espions et le public, aux traits qu'elle a relevés dans ses souvenirs : « Je souhaitais que Bonaparte fût battu, puisque c'était le seul moyen d'arrêter les progrès de la tyrannie.... Le bien de la France exigeait qu'elle eût alors des revers — Moreau n'a-t-il pas regretté les lauriers de Stockach et de Hohenlinden? Il n'a vu que la France dans les ordres du premier consul ; mais il appartenait à un tel homme de juger le gouvernement qui l'employait, et de prononcer lui-même, dans une pareille circonstance, quel était le véritable intérêt de son pays. » Les rapports reçus de Suisse n'étaient point de nature à affaiblir les préventions du premier consul. Mme de Staël y mit le comble en publiant un livre qui était, comme toute sa conduite d'alors, un mélange singulier de coquetterie envers la personne de Bonaparte, d'allusions satiriques à son gouvernement et de cabales contre son pouvoir.

De la Littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales. — Cet ouvrage, qui forma un volume de 600 pages, parut au mois d'avril 1800. C'est une thèse : la perfectibilité — nous disons aujourd'hui le progrès — de l'esprit humain dans toutes ses oeuvres. Ce progrès trouve sa consécration dans la liberté; la liberté trouve sa garantie dans les institutions républicaines conçues et appliquées selon le système de l'auteur. La littérature française, régénérée par les mœurs républicaines, se rajeunira par l'influence des littératures étrangères.

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Montrer les rapports qui existent entre la littérature et les mœurs sociales, chercher ceux qui peuvent exister entre la littérature et les institutions politiques, c'est faire ouvrage d'historien philosophe et se proposer un dessein inspiré de Montesquieu; mais il y faudrait des études immenses, des lectures iniinies, des connaissances universelles et une critique supérieure. Mme de Staël n'en a que des parties, des velléités surtout et souvent des inspirations . Il faudrait de plus un désintéressement complet de l'esprit, qui se laisserait modeler par l'histoire. Mme de Staël n'est point alors disposée à s'y prêter; elle fait plus : comme elle soutient une thèse, le progrès de toutes choses et notamment celui de la littérature par la liberté, il faut que l'histoire s'y plie. L'effort que fait l'auteur offusque son intelligence et trouble ses belles facultés naturelles d'appropriation, en particulier lorsqu'il s'agit des anciens.

Mme de Staël parle des Romains mieux que des Grecs, non qu'elle préfère le génie de Rome, mais elle le connaît plus directement. Les allusions abondent dans ces chapitres, et, jugées à distance, elles semblent étrangement vaines. Quoi! c'est en un temps où renaissent les merveilles de Rome et où l'histoire semble rentrer dans ses prodiges, que l'auteur écrit, croyant faire une épigramme : « Il était, chez les anciens, permis au génie de se nommer, à la vertu de s'offrir. La nation leur savait gré d'être ambitieux de son estime. Maintenant il faut

se glisser dans la gloire..,. La médiocrité est toutepuissante ! »

Tout, heureusement, n'est point jeu d'esprit en ces chapitres. Il s*y découvre nombre de vues de politique et d'histoire. Celles-ci, entre autres : Tart de penser est lié à la conservation de la liberté; il faut à la démocratie une langue pure et une belle éloquence pour tenir constamment les esprits en dignité. C'est cette constante tenue d'âme qui « fait d'un territoire une patrie en donnant à la nation qui riiabite les mêmes goûts, les mêmes habitudes, les mêmes sentiments ». La force militaire, toujours identique à elle-même, ne saurait rien fonder d'original dans Tordre de l'esprit : elle brise les volontés des hommes, elle ne forme point les caractères qui de groupes d'hommes font les nations.

L'auteur développe, sur le moyen Age, une opinion qui ne laisse point d'être hardie pour son temps : l'espèce humaine n'a pas rétrogradé durant cette période. C'est que l'histoire a un objet constant : la civilisation universelle ; elle y travaille sans cesse, et c'est « la pensée, toujours la même, que l'on voit surgir de l'abîme des faits et des siècles ».

On s'aperçoit, dans le voyage d'exploration que Mme de Stacl fait à travers les littératures modernes, qu'elle connaît mal l'Italie et fort incomplètement l'Espagne. Elle parle bien de Machiavel, elle entend très peu Dante, et nullement Cervantes. Elle se hâte vers le Nord, qui l'attire et qui la retient. Elle y voit partout « l'esprit de liberté » et elle construit sa

théorie sur T authenticité des poèmes d'Ossian. C'est la part, très large, de la fantaisie en ces essais; mais on y trouve la part, large aussi, de l'invention. Par exemple, cette pensée à rapprocher de ce qu'on lit, dans le livre des Passions, sur la mélancolie de l'amour : « Ce que l'homme a fait de ])lus grand, il le doit au sentiment douloureux de l'incomplet de sa destinée ». Mme de Staël montre, dans Shakespeare, des beautés tragiques d'un ordre nouveau pour les Français : « la pitié sans aucun mélange d'admiration pour celui qui souffre, la pitié pour un être insigniiiant et quelquefois méprisable ».

Le chapitre de la littérature allemande n'a plus qu'un intérêt : indiquer ce que Mme de Stacl savait de l'Allemagne avant d'y avoir voyagé. Elle en savait iniiniment plus qu'on ne le suppose communément, mais elle le savait de seconde ou de troisième main, par ses amis Benjamin Constant, Chênedollé, Adrien de Lezay, Gérando, Charles de Villers surtout, qui fut son initiateur. On traduisait beaucoup, on imitait davantage à la fin de l'ancien régime. On s'y remit dès qu'on en eut le loisir. Poèmes, romans, drames, Gœthe, Schiller, Klopstock,AVieland, furent introduits en France; mais on les habillait de costumes qui les déguisaient plus ou moins, sous prétexte de les mettre au ton et à la mode de Paris.

Gomme il n'y avait point de liberté politique en France au xvii° siècle, Mme de Staël n'y veut reconnaître qu'une littérature de théâtre. Le théâtre, à ses yeux, absorbe tout. Elle ne paraît pas avoir lu

VHistoire des variations, ni médité sur les pensées de Pascal. Elle grandit démesurément le xviii" siècle. Elle traite Voltaire en poète. Elle se résume sur Jean-Jacques : « Il n*a rien découvert, mais il a tout enflammé ». Puis elle arrive à l'avenir, qu'elle croit discerner. Montesquieu, Rousseau, Condillac, génies républicains, dit-elle, ont commencé la révolution de la littérature. Il convient que la licence soit bannie des livres, ainsi que des mœurs, sous la République. L'objet de la littérature ne sera plus, comme au xvii® siècle, l'art d'écrire; il sera l'art de penser, et la grandeur littéraire se mesurera au progrès de la civilisation.

Chemin faisant, elle s'arrête sur la destinée des femmes qui écrivent. Elle met ici en maximes son expérience personnelle. Marie-Antoinette et Rivarol la raillaient, le Directoire l'a tourmentée : « Dans les monarchies, dit-elle, les femmes [qui écrivent] ont à craindre le ridicule et dans les républiques la haine ». Voilà du Montesquieu à peu de frais. Il ne lui en coûte pas davantage d'ajouter cet aphorisme qui eût rendu rêveuse la grande Catherine : « Les femmes sans esprit de conversation ou de littérature ont ordinairement plus d'art pour échapper à leurs devoirs; et les nations sans lumières ne savent pas être libres, mais changent très souvent de maîtres ».

Elle pressent que la politique pourra devenir une science ; mais son bon sens la met aussitôt en garde contre les « absurdités atroces », la charlataneriedes formules et l'algèbre sociale. Quelque précis, dit-

iMADAME DE STAKL.

elle, que soit le calcul, s'il n'est pas d'accord avec la morale, il est faux : « La morale est la nature des choses dans Tordre intellectuel ». La vertu procède de Tenlhousiasme : l'analyse la tue. Mme de Staël annonce que le roman deviendra plus passionné, et prendra davantage ses données dans l'observation du monde. Elle estime que la comédie abandonnera les ridicules pour s'attaquer aux vices, démasquer les cyniques, les effrontés, les a charlatans de vice, frondeurs de principes, moqueurs des âmes » ; la comédie les dépouillera de leur masque de prétendus hommes forts, et les montrera rampants eux-mêmes devant la force. Mme de Staël annonce ainsi ses propres romans et prédit un théâtre qui ne prévaudra que beaucoup plus tard.

Elle cherche, en tâtonnant, les routes de la poésie et ne les découvre pas. Elle en reste encore à la rhétorique de sa jeunesse. Elle voit l'avenir de la poésie dans le progrès de la raison et le développement de l'éloquence. La poésie de son temps a passé auprès d'elle sans qu'elle l'ait soupçonnée; la poésie nouvelle germe tout autour d'elle sans qu'elle la discerne.

Elle n'avait pas connu le grand poète son contemporain, l'homme qui était appelé à régénérer la poésie française de son Age; la Terreur l'avait tué, jalouse d'anéantir tout ce qu'il y avait d'original et de fécond dans le génie du siècle. Dans l'élégie, dans l'ode, dans la satire, André Ghénier avait trouvé, pour chanter l'amour et défendre la liberté, des formes

qui répondaient à Tâme de sa génération. Dans Hermès il esquisse le poème d'un siècle qui a réuni Montesquieu, Diderot, Bufibn, Lamarck, Lavoisier, Laplace, Geoffroy Saint-Hilaire, André-Marie Ampère enfin. Sans l'ineptie envieuse de Robespierre, la France aurait eu son Goethe. La guillotine sauva la médiocrité. La littérature républicaine n'eut plus que des versiûcateurs. La poésie se préparait une revanche par des voies différentes.

Chateaubriand écrivait son Génie du Christianisme dans le temps où Mme de Staël publiait son livre de la Littérature, Ils étaient aux antipodes l'un et l'autre. Chateaubriand la sentit rivale et hostile, comme Rivarol, autrefois, quand elle commença de parler. Mais ce fut une rivalité plus sérieuse : il ne s'agissait plus du règne des salons; il s'agissait de la domination intellectuelle de Tépoque. Chateaubriand écrivit à Fontanes sur le livre de Mme de Staël une lettre pleine d'insinuations méchantes : « Ma folie, à moi, est de voir Jésus-Christ partout, comme Mme de Staël la perfectibilité — Elle a bien l'air de ne pas aimer le gouvernement actuel et de regretter les jours d'une plus grande liberté. » Mme de Staël ne connaissait point la rancune, Atala lui fit oublier l'injure et elle pardonna à l'auteur en l'admirant. Mais si Chateaubriand l'émut, il ne la convertit point à la rhétorique néo-chrétienne.

a Je le crois, écrivait-elle, plus sombre que sensible. » Elle et ses amis étaient trop de l'ancien inonde et trop pénétrés de l'esprit philosophique

pour se prendre aux amorces romantiques. Ils ne concevaient ni la religion machine d'Etat de Bonaparte, ni la religion machine poétique de Chateaubriand. Cette « religion des cloches », comme on Ta spirituellement appelée , cet a épicurisme catholique », cette a fatuité religieuse » de l'auteur d'Atala leur semblaient faux et affectés, avec une nuance de niaiserie. 11 fallut à Mme de Staël la lecture de Klopstock, en sa langue originale, la fréquentation de Schiller, les leçons de Schlegel, les conversations de Gœthe surtout, pour comprendre quels éléments de poésie on pouvait tirer du christianisme, de ses traditions, de ses chants, de ses cérémonies. Au fond, elle ne s'y rendit jamais complètement, concédant les exemples, rebelle à la théorie, et trop sensible aux incongruités de détail pour se laisser éblouir. « Ce pauvre Chateaubriand va se couvrir de ridicule », écrivait-elle. Il a a un chapitre intitulé : Examen de la virginité dans ses rapports poétiques ! »

Mais avant que Chateaubriand lui donnât de ces étonnements, elle se vit dénoncée pour sa Littérature, Ce livre, écrivait Fontanes, présente « la chimère d'une perfection qu'on cherche maintenant à opposer à ce qui est ».

Fontanes et les autres critiques de l'antichambre consulaire se méprenaient volontairement. Mme de Staël n'en était point encore à souhaiter la chute du Consulat : elle souhaitait de s'y faire une très grande place et d'en être l'ornement. Elle posait ses conditions, qu'elle présentait comme celles de

rhistoire. Que désirait-elle au juste? Rien de vulgaire, à coup sûr. Elle ignorait l'avarice. Les réalités du pouvoir lui étaient indifférentes : elle n'était capable ni de la fidélité discrète et prudente d'une Maintenon, ni de Tinlrigue tenace et secrète d'une des Ursins; c'était l'éclat qu'il lui fallait. Elle était orateur dans l'âme et, par tempérament, orateur d'opposition. Le rôle de Fox en Angleterre, celui de Lamartine sous le gouvernement de Juillet, telle eût été sa vocation politique si elle fût née homme. Femme, à coté d'un maître tout-puissant, elle rêvait d'être l'associée de son génie et la muse oflicielle de son règne. Pour qui sait lire entre les lignes, c'est l'insinuation constante du livre de la Littérature. 11 n'y a point dans cet ouvrage d'allusion malicieuse qui ne soit effacée par cette maxime : a Le génie, c'est le bon sens appliqué aux idées nouvelles ». Elle accordait ce génie à Bonaparte; mais Bonaparte entendait autrement les idées nouvelles.

Pour lui, l'idée essentielle était l'idée populaire que Danton, en son réalisme puissant, avait définie d'un mot : jouir de la Révolution. Le peuple voulait jouir de la Révolution. Bonaparte voulait absorber la Révolution et la glorifier en sa personne. Force, richesse , conquêtes, gouvernement, voilà son objet et ses ressorts. Il était tout Etat, et sous toutes les formes. Sa république est le contraire de celle de Mme de Staël. Elle avait réprouvé, en Mirabeau, la démocratie royale, elle a instinctivement horreur de la démocratie césarienne qui surgit

avec le Consulat. Bonaparte en juge clairement comme il jugeait de toutes choses. 11 lui faut avant tout de Tobëissance. Son système implique une censure et une police de Tesprit public; il n'y a point de plîice, dans son empire, pour un bureau d'enthousiasme libéral. Mme de Staël lui propose, à ce prix, la grandeur et lui offre la paix. La grandeur, il entend, comme plus tard la couronne, ne la recevoir que de sa propre main; la paix des salons libéraux, il n'y croit pas plus qu'à celle des chancelleries européennes. La fatalité de sa destinée le condamnait à ne se soutenir qu'en s'élevant, à ne se défendre qu'en attaquant, à ne conserver qu'en envahissant. C'est pourquoi il ne pouvait y avoir rien de commun entre lui et Mme de Staël.

Il le lui marqua rudement, et elle se mit en guerre, d'autant plus agressive qu'elle avait été plus coquette. Revenue à Paris au mois de mars 1802, et installée rue de Grenelle, elle s'y entoura de tout ce qui osait encore briller en dehors de la personne du consul. C'est la période de splendeur de son salon. Auprès d'elle, son amie de cœur, Mme Récamier, « la belle Juliette », comme elle la nomme, l'enchantement des yeux; Mme de Beaumont, la gnlce mélancolique et maladive ; les anciens amis, moins Talleyrand, qui s'écarte, plus ménager de l'Etat qu'il ne l'avait été de l'Eglise, mais avec Narbonne qui échappe parfois à la surveillance de Mme de Laval, et reparaît, fort effacé; Benjamin, qui mène l'orchestre, interlocuteur incomparable; Ca-

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mille Jordan, qui est, en politique, le disciple bienaimé; Gérando, qui explique TAllemagne; Fauriel, qui découvre les littératures du Midi. C'est aussi l'apogée de l'éloquence de Mme de Staël et de sa conversation merveilleuse semée de traits charmants, coupée de rapports subtils, de saillies heureuses, de gaieté, de satire, de rapprochements historiques, d'analyses pénétrantes du cœur, de sentiment surtout et d'enthousiasme. « Si j'étais reine, disait Mme de Tessé, j'ordonnerais à Mme de Staël de me parler toujours. »

Bonaparte prétendait qu'elle se tût. Elle sentit la main de fer sur son épaule, et elle se débattit. Ce fut alors une pluie d'épigrammes, traversées de beaux couplets indignés et de protestations magnifiques. Elle se livre à une « verve amcre et mordante » que la colère déchaîne en elle et qui porte, disent les auditeurs, « le fer et le feu ». Benjamin, en disgrâce, n'y ménage pas ses flèches. Tout le Consulat comparaît devant ce tribunal sarcastique. « On nous racontait tous les soirs les séances de Bonaparte avec son comité; et ces récits auraient pu nous amuser, s'ils ne nous avaient pas profondément attristés sur le sort de la France. » Rien ne sera épargné, ni le système : a contenter les intérêts des hommes aux dépens de leurs vertus, dépraver l'opinion par des sophismes et donner à la nation pour but la guerre au lieu de la liberté » ; ni les courtisans, régicides acquis et royalistes gagnés, tous « chevaliers de la circonstance »; ni les

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prêtres : « il lui fallait un clergé comme des chambellans »; ni surtout le maître : « bourgeois gentilhomme sur le trône », irrité de « Tascendant » des femmes, < des petits traits acérés de l'esprit de salon,... de la moquerie du bon ton », et qui ne peut secouer « une certaine antipathie jacobine contre la société brillante » ; « sa petite taille et sa grosse tête, ce je ne sais quoi de gauche et d'urrogant, de dédaigneux et d'embarrassé qui semble réunir toute la mauvaise grâce d'un parvenu à toute l'audace d'un tyran » ; « il ne sait pas s'exprimer dans le langage soutenu,... il n'est éloquent que dans l'injure » ; son génie n'est que « charlatanisme » ; il a « mystilié » les diplomates, jeté de la poudre aux yeux des militaires; ce n'est même pas un héros : à Marengo, pendant que le sort de la bataille semblait désespéré, il est demeuré inerte, se promenant à cheval lentement, devant les troupes, « pensif, la tête baissée,... courageux contre le danger plus que contre le malheur, n'essayant rien, attendant la fortune » ; enfin « il y a dans tout son être un fond de vulgarité que le gigantesque même de son imagination ne saurait toujours cacher ».

Ajoutez les cabales avec les généraux hostiles ou envieux, Moreau et Bernadotte; les manifestations inconsidérées : « J'étais, raconte-t-elle, chez le ministre d'Angleterre lorsqu'il reçut les conditions de la paix [d'Amiens]. Il les lut à tous ceux qu'il avait à dîner chez lui, et je ne puis exprimer quel fut mon étonnement à chaque article. L'An-

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