‹ Mme de StaëlChapitre 53 sur 55 · LES BIOGRAPHES · texte numérisé non relu

LES BIOGRAPHES

au besoin, de lire les autres : Mme Necker de Saussure, qui a recueilli les traditions et peint le portrait de famille; lady Blennerhasset, qui a rassemblé tous les souvenirs ëpars et composé, d'une mosaïque savante, un large monument; Sainte-Beuve, qui a tout fouillé, presque tout su, deviné le reste et merveilleusement reconstitué l'ensemble. Si Mme de Staël ne figure, dans Balzac, qu'à titre de personnage épisodique , elle est comme l'héroïne * et la grande coryphée des Lundis^ cette autre et supérieure Comédie humaine, Sainte-Beuve reste, de tous ceux qui ont étudié Mme de Staël, le plus profond et le plus pénétrant; il a comme dispersé dans son œuvre tous les motifs d'un jugement définitif, et ce jugement est un hommage d'admiration et de sympathie. En avançant dans le siècle, Mme de Staël s'est élevée et isolée parmi ses contemporains, si bien qu'aujourd'hui, soixante-treize ans après sa mort, on est plus occupé d'elle qu'on ne l'était dans le temps oîi elle se mourait à Paris. Et c'est justice *.

1. Œuvres complètes de Mme la baronne de Staël^ publiées par son fils, et précédées d'une notice par Mme Necker de Saussure, Paris, 1821, 17 vol. in-8.

Voir : Sainte-Beuve : article Staël dans la table alphabétique des Causeries du lundi, des Portraits de femmes et des Portraits littéraires ^ par M. Pierrot; Nouveaux Lundis : I, Benjamin Constant; II, Mme de Staël, Coppet etWeimar; V, La comtesse d'Albany ; YI, Sismondi ; XII, Camille Jordan et Mme de Staël; Chateaubriand et son groupe littéraire. Portraits contemporains : IV, Fauriel, etc. — Frau von Staël, Berlin, 1888-1889, traduction française par M. Dietrich : Mme de Staël et son temps, par lady Blennerhasset, née comtesse Leyden, Paris, 1890, 3 vol. gr. in-8. Les tables de Tédition

Ce qui reste d'elle manifeste surtout les facultés de Torateur : rimprovisation, Téloquence ample et persuasive. Elle a écrit sur la littérature et sur hi politique : il lui a manqué, pour être une femme politique, la raison et les a entrailles d'Ëtat » qui font les Elisabeth, les Catherine II et les Marie-Thérèse ; pour être au premier rang des écrivains parmi les femmes, le style qui fait les Sévigné et les George Sand. Les erreurs qu'on peut reprendre dans sa vie ne lui sont pas particulières; elles tiennent beaucoup à son temps et à son monde : l'enivrement des dernières années de Louis XVI , l'étourdissement du réveil de la vie sous le Directoire. Elle a, en revanche, développé plus qu'aucune personne de son monde les plus belles qualités de son temps : la sympathie, la confiance dans le progrès de l'esprit humain, la foi dans la liberté.

Que les rhéteurs critiquent les défauts de son

allemande donnent une bibliographie de Mme de Staël. J'y renvoie le lecteur « en insistant, pour les antécédents, les origines et les effets du livre de V Allemagne^ sur le volume de M. Sttpfle : Geschichte des dcutschen Kulturein /lusses auf Franhreich^ t. II, Gotha. — Voir aussi : Mme de Staël et l'Italie, par C.Dejob, Paris, 1890. — Parmi les autres travaux tï consulter, je mettrai à part l'ouvrage de M. O. d'Haussonville sur le Salon de Mme Necker; le Gustave JII de M. Geffroy, les papiers de Fersen ; les publications faites d'après les papiers de Mme Récamier et d'après ceux de Sismondi ; pour l'histoire du livre de VAllemagne : la Censure sous le premier empire de M. H. Welschinger. Enfin la série des papiers de Benjamin Constant : le Journal^ publié avec trop peu de critique dans la Revue internationale de 1887, et les Lettres de Benjamin Constant, publiées par M. Menos, Paris, 1888.

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