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d'amour, le même cri déchirant poussé des mêmes api mes, les mêmes PA dans RE sacrAses enfin,
étreint, même pour l’emporter vers le ciel.
“Le style de Delphine semble vieilli, c'est qu'il a été jeune, et c’est aussi pourquoi il a touché les contemporains. -ba critique en et la critique
lui-même malgré l'excellence de sa recette, si obseu-
rément, sans chaleur et sans étincelles. Il reproche
à Mme de Staël de ne point lier ses idées, de ne les
. point approfondir, d'employer des tours elliptiques,
. des expressions abstraites, de ne pas chercher le
; “ mot propre, le verbe significatif, ou de ne le pointtrouver. Il lui dit : « C’est l'expression qui crée et
fixe la pensée ». Il la renvoie à Condillac, et c'est la
# renvoyer à la bonne école. Elle lui répond ; « Qu'entend-on par le style? n'est-ce pas le coloris et le
mouvement des idées? Trouvez-yous que je manque
Fe d None d'imagination ou de sensibilité? »
pes Elle s’est fait une rhétorique selon son génie, qui
ainsi dire, au lecteur, le maintien, l’accent, le geste
es EU - RS AIOEE | de s% le monde en fut saisi. C'est la même exaltation
PE «griffe de vautour » qui déchire Te cœur ae elle .
: est tout d'improvisation : « Le style représente, pour
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le style de l'âme et de l'enthousiasme : en un mot,
l'exaltation notée. Elle note de ses pensées ce qui
peut s’en noter; elle ne reproduit point ce qui pré-
cisément tenait lieu du style dans ses discours, le
tourbillon de son éloquence, l'éclat de ses yeux
superbes, son accent impérieux, son geste per-
suasif. Elle ne se soucie point assez d'y suppléer par les ressources de l’art d'écrire. Elle a le mouyement : la couleur manque. Je ne parle point de
la couleur appliquée après coup, mais de la couleur
naturelle, de ces métaphores spontanées du langage
qui animent la phrase comme la rougeur d'un sang
frais anime le visage.
La préoccupation de Mme de Staël est de con= vaincre par la rapidité des arguments et d’émouvoir en poussant droit au cœur. Elle ne cherche pas à
peindre. Elle disait, à propos de Montesquieu qui multipliait, selon elle, par trop les figures : «Onoserait souhaiter à la place de cette image une pensée de Tacite ou de l’auteur lui-même, qui tant de fois. a surpassé les meilleurs écrivains de l'antiquité »,
Faut-il s'arrêter à ses adjectifs? L’adjectif est la
mode et le caprice en littérature, Il fait la hardiesse du livre de demain, il fait le charme du 4 livre d'aujourd'hui et le ridicule de celui d'hier, Nous avons les nôtres dont nous abusons : nous en
avons d’aimables : parisien, délicat, moderne; nous
en avons de disgracieux, comme psychologique, Au temps de Mme de Staël, sensible s'épanouissait
de celui qui s ne à lui, » c est ce qu'elle nomme Pt
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encore. Elle l'emploie à tout usage, au sens propre, qui pourtant fait sourire : « être le premier objet d'un homme sensible »; puis dans tous les abus du jargon : « son éloquence... sensible comme son
» sible », et cela dans une traduction de l'anglais, pour rendre le mot sweet, suave, ae était juste et bien à sa place.
Les contemporains ne s’en apercevaient pas :
toutes les âmes sensibles pleurèrent sur Delphine, et les ennemis de l’auteur enragèrent du succès du
d'esprit et d'imagination qui règne dans ce livre excitait sa critique », rapporte le Mémorial. C'était la consigne. Les officieux rivalisèrent de zèle à raf- finer sur ce thème. Un journal annonça plaisamment une Delphine convertie. Mme de Genlis, dans la fer- veur d’une vertu récente, accusa l’auteur de cor- rompre les mœurs. Fiévée dépeignit Mme de Staël en commère, affligée d'un excès de santé, « à cali- fourchon sur le sublime ». « Delphine, dit-il, parle de l'amour comme une bacchante, de Dieu comme un quaker, de la mort comme un grenadier, et de la __ morale comme un sophiste. »
__ C'étaient autant d’avertissements de ne point se
% les comprendre. À l’automne de 1803 elle se rap-
des visites un peu trop bruyantes. Malgré l'amitié
cœur... », « un air (de musique) à la fois vif et sen-
roman. Le maître s’était prononcé. « Le désordre
risquer en France. Mme de Staël ne se résigna point | procha de Paris : sa présence fut signalée. Elle eut
de Mme Récamier, encore en faveur, et malgré
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‘ 15. octobre, l'ordre de s'éloigner à quarante lieues de la capitale, à Dijon s’il lui plaisait. Elle préféra voyager. Elle y avait songé déjà, lorsque l'exil s’an.
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elle disait, « même en amitié », elle avait proposé,
en 1802, à Camille Jordan de l'accompagner en
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Italie : « Oublier tout ce qui m'oppresse pendant six mois, l'oublier avec vous, que j'aime profondé- ment, sous ce beau ciel d'Italie, — admirer ensemble fes vestiges d'un grand peuple, verser des larmes sur celui qui succombe avant d’avoir été vraiment grand, ce serait du bonheur pour moi... ». Camille,
__ vitation. Mme de Staël reprit le projet et Je tourna vers l'Allemagne. Elle pensa que ce voyage serait profitable à son fils aîné. L'Allemagne l’attirait. Elle __ désirait, selon le mot d’un de ses amis, «aller voir
. nonçait. « Toujours un-peu romanesque, » comme a
qui n'était romanesque qu’en politique, déclina lin-
elle-même les grands génies », Gœthe et Schiller, x:
alors dans toute leur gloire. Elle y joignait une arrière-pensée : « Je voulais opposer l'accueil bien-
veillant des anciennes dynasties à l’impertinence de celle qui se préparait à subjuguer la France ». Elle partit, avec ses enfants, au mois de décembre 1803, visita à Metz Charles de Villers, « Villers de Kant », comme on l'appelait, qui lui traça son itinéraire, puis elle s’achemina par Francfort sur Weimar, où Benjamin Constant la rejoignit en janvier.