‹ Mme (Madame) de StaëlChapitre 35 sur 70 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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LES VOYAGES EN ALLEMAGNE ET EN ITALIE 2 CORINNE & 1804-1807. *% * Elle atteignit son but. Elle parcourut la terre de l’enthousiasme, elle connut les « grands génies », 2 elle fut traitée en illustre victime par les princes, et - elle fournit aux agents de Napoléon la matière de rapports où ils faisaient la cour à leur maître toute en l’irritant par le récit des succès de son ennemie. DE Weimar n’était point un État, c'était une cour et un théâtre; Gœthe gouvernait le théâtre, et Schilles était l'honneur de la cour. Ce n’était point précisé- He ment la constitution rêvée par Mme de Staël ; mais = l'esprit compensait ce qui manquait du côté des institutions, Cet esprit lui demeura assez longtemps fermé, Malgré les amorces qu’elle trouvait dans son imagination et dans son cœur, malgré un je ne sais quoi de germanique qui lui venait de ses ancêtres, 2 une affinité de race dont Gœthe fut frappé et qui la es

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es > % tn à intaition de nes de l’ Meuse le sens des mots lui manquait, et, plus encore, le sn: sentiment des choses. Il ne suffisait pas qu'on lui Fe traduisit les phrases ou qu'elle apprit à les traduire ; EU ‘en substituant le terme français à l'allemand, on sub- Stituait les notions et les images que la vie du grand __ monde ayait formées dans l'intelligence d’une Pari. sienne de l’ancien régime, aux notions et aux images - que la contemplation de la nature, une existence à Re la fois très méditative et très studieuse avaient développées chez Gæthe, chez Schiller et chez reurs : contemporains. C'était une conception toute autre de l'humanité, de l'amour, du rôle de la femme dans 18 société et de sa destinée.

Les dissentiments se creusaient davantage : sur l'article de la Révolution : les Allemands la jugeaient dénaturée par ses auteurs; sur l’article de Bona- parte : ils considéraient le premier consul comme la Révolution personnifiée dans ce qu'elle avait de pratique et de légitime; sur l’article de la liberté : ils en déniaient le sens aux Français; sur l’article de la morale : ils leur en contestaient presque la conscience. « Mme de Staël n’a aucune notion du devoir », disait Gæœthe après avoir lu Delphine ét le EE traité des Passions. Ces Allemands se souciaient peu de fonder un État libre et d’édicter des lois propres à former des citoyens vertueux. La liberté, pour eux, résidait dans le développement indépendant de l'in- telligence, et la vertu dans le sain gouvernement de - Fême Pr soi-même. Liberté et vertu, conçues de la.

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