‹ Mme (Madame) de StaëlChapitre 50 sur 70 · LA FUITE · texte numérisé non relu

LA FUITE

dotte ; elle comptait sur lui, elle arrêta de se réfugier à sa cour. Elle partit le 22 mai 1812, avec ses enfants, suivie de loin par Rocca, et s’achemina par Vienne vers Pétersbourg. Elle cherchait en Russie « le dernier asile des opprimés », emportée vers ce pays par la même illusion qui, dans le même temps, entraînait l’empereur à y poursuivre le dernier obstacle à la domination du continent. Elle jeta un regard douloureux sur Coppet, et au moment de mettre

« de l’irréparable » entre elle et ses tombeaux, elle

maudit ce Corse qui la bannissait de sa patrie. « L'air de ce beau pays n’est pas pour lui l'air natal, écrivait-elle; peut-il comprendre la douleur d'en être exilé? » Il ne devait que trop connaître cette douleur, et il l’'épuisa jusqu’à la mort; mais qui l’eût cru en ce printemps de 1812, où Napoléon avait enrégimenté tous les peuples, asservi tous les princes et où il semblait commander à la destinée même ?

ALuenr Sorec, — Me do Staël, 1Q

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