‹ Mode D'Action du Chlorure De Calcium DéchlorurantChapitre 11 sur 25 · CRÉES · texte numérisé non relu

CRÉES

ment de sodium et d’eau et il en résulte le départ des éléments indispensables au processus inflammatoire. »

Cet auteur appuie sa théorie sur des preuves expérimentales et cliniques.

Preuves expérimentales. — I] provoque une inflammation localisée par instillation d’une substance irritante dans Por

En opérant sur le lapin, il fait les constatations suivantes : Il instille une goutte d'essence de moutarde dans le sac conjonctival d’un sujet ayant préalablement reçu du chlorure d= calcium dans la veine et il ne constate pas d’inflammation de la conjonctive et des paupières. Il produit ensuite sur un lapin témoin une forte inflammation de l’œil par le même procédé cette inflammation disparaît si l’on injecte des doses suffisantes de chlorure de calcium.

3° I] constate que l’injection simultanée de chlorure de sodium et de calcium chez un lapin présentant les phénomènes inflammatoires dus à l'essence de moutard: n’a aucune action sur Îa régression de ceux-ci. L’injection de CI Na aurait donc une action empêchante sur celle du Ca CF.

Blum constate également sur les lapins réfractaires à l’inflammation et secondairement à l’exsudat une diminution du taux de CI Na dans le sang. Une injection de CI Na leur rend leur réactivité à l’action irritante de l’essence de moutarde,

Preuves cliniques. — Dans les affections aiguës des séreuses, Blum arrive à faire réapparaître ou disparaître à volonté l’épanchement et la fièvre en donnant tour à tour du chlorure de sodium et du chlorure de calcium. I] donne des

statistiques tendant à montrer qu’il y a après injection de

chlorure de calcium des perturbations dans la composition chimique du sang consistant toujours en une diminution de la teneur en sodium et suivant les cas une augmentation où une diminution du potassium.

D'après ses dosages, il interprète ainsi les résultats obtenus :

« 1° Lorsque l'élimination rénale est possible et qu'il n'y a pas rétention de sodium (œdèmes ou foyers inflammafoires), on constate tant chez l’homme que chez le lapin, après administration de Ca CI? une diminution nette du sodium dans le sang. Le taux de potassium est, soit augmenté, soit diminué sans qu’actuellement nous puissions discerner la cause déterminant le sens de la variation.

2° Lorsqu'il y a rétention de Na CI] dans les processus inflammatoires (type pneumonique), il y a après absorption de CI? Ca augmentation du Na dans le sang 2t rétablissement de l'équilibre normal. <

3° Lorsque l'élimination rénale est difficile (asystolie avec ascite), nous voyons s'établir entre le sang et l’ascite un balancement. Le Na passe du sang dans l’ascite aussi longtemps que le calcium est donné, puis après cessation de la médication, il y a passage du Na de l’ascite dans le sang.

4° Des faits analogues peuvent être constatés pour le Ca.

5° On constate dans les humeurs entre Ca et Na un antagonisme analogue à celui observé entre le K et le Na. Antagonisme qui aboutit par déplacement du Na à des modifications de la composition minérale des humeurs.

M. Lesbouyries, professeur à l'Ecole Vétérinaire d’Alfort a institué le traitement calcique en médecine vétérinaire. Par des travaux faits seul ou en collaboration avec Cordier, il constate les heureux effets du chlororure de calcium dans

le traitement d’ascite chez le chien et de l’anasarque du cheval.

Il admet que dans toute hydropisis il y a rétention hydrochlorurée. Il ne s’agit pas, dit-il, d’une imperméabilité rénale aux chlorures puisqu’après quelques jours du traitement calcique il y a une diurèse abondante avec élimination de chlorures sn grande quantité, [I rapporte donc la rétention chiorurée à une action propre des tissus lésés par les toxines microbiennes et explique ainsi la formation des œdèmes ou épanchements.

« La rétention hydro-chlorurée siègerait dans les tissus qui plus ou moins altérés par les microbes ou leurs toxines libèreraient des molécules albuminoïdes (albuminurie) et salines, c2s dernières faisant un appel d’eau afin que soit maintenu le titre inoffensif des humeurs organiques. On peut penser aussi que la rétention saline provoque dans le sang et au niveau des membran:s perméables des perturbations pouvant expliquer l’épanchement séreux et les œdèmes. Il n’en est pas moins vrai que c'est beaucoup plus à l’état des cellules, à l’altération du sang, à la perméabilité plus ou moins grande des parois qu’à des troubles mécaniques que doivent être rapportés les œdèmes de l’anasarque et les épanchements dans les séreuses : ascite, hydrothorax, hydropéricarde. »

Il est certain que le facteur tissulaire joue un grand rôle dans la formation des œdèmes par rupture de l'équilibre moléculaire et des phénomènes osmotiques qui en résultent malgré tout il faut admettre que dans les ascites cardiaques et hépatiques le facteur mécanique du à la stase veineuse à un grand rôle.

M. Lesbouvyriss admet la théorie de l'antagonisme des ions émise par Blum, d’après ces auteurs, c’est l'ion sodium

qui, répandu dans les tissus a le rôle hydropigène. Ils ont vu qu’en adminisrant des sels de Ca, de K, de strontium, les ions Ca, K, tr. prenaient la place du sodium dans les tissus. Ce dernier pouvant être éliminé par voie rénale avec une quantité constante d’eau. M. Lesbouyries renforce cette hypothèse par le fait que les chlorures presque absents au début chez des ascitiques traités par 13 CICa réapparaissent en grande quantité après quelques jours d'administration du médicament, il cite, en effet plusieurs cas de traitement appliqué à différents sujets.

Dans un premier cas sur un chien à ascite tuberculeuse les chlorures urinaires qui étaient à la période initiale de 1 gr. > par litre augmentent progressivement pour arriver à 14 gf. 07 par litre après quelques jours de traitsment au chlorure de calcium à la dose de 2 gr. les deux premiers jours puis de ro gr. par jour. [l y a en même temps une diurèse appréciable.

Dans un deuxièm= cas chez un chien atteint d’ascite non tuberculeuse. Les chlorures urinaires passent de 1 gr. 9 à plus de o gr.

Urbain relate un cas d’ascite guéri par le même traitement à raison de 10 grammes par jour sans pratiquer de ponction. Les chlorures urinaires passent de 2 gr. 8 à 3 gr. 1 en Six jours.

Objections à la théorie de l'antagonisme des ions :

1° Le dosage des chlorures urinaires ne prouve pas qu’il y ait élimination de chlorure de sodium étant donné que le sel ingéré est lui-même un chlorur: et qu'il est très plausible d'admettre qu’il est capable de s’éliminer.en nature par

je rein. C’est ce que nous avons tenté de prouver en opérant sur un sujet sain et en dosant simultanément les chlorures urinaires et le calcium éliminé pendant le même temps. Ce qui pouvait faire déjà supposer que le chlorure de calcium s’éliminait en nature c'est que nous avions observé que le se] ingéré ou injecté et les chlorures urinaires des vingt-quatre heures variaient dans le même sens.

En effet, nous avons toujours constaté ce parallélisme entre chlorures urinaires et CI? Ca aussi bien sur le sujet sain que sur l= sujet malade. Il suffisait d'augmenter brusquement la dose de sel ingéré pour que dans les vingt-quatre heures suivantes les chlorures urinaires augmentent. Plus on augmentait la dos: introduite dans l'organisme plus l’augmentation des chiorures était importante.

En dosant en même temps le calcium, les chlorures et celui-ci variaient dans le même sens et suivant un rapport à peu près constant.

Nous avons ainsi pu déceler une certaine élévation du taux du chlorure de sodium dans l'urine, mais beaucoup moins considérable que ne semblait l’indiquer le seul dosage des chlorures.

Ceci semblerait donc montrer que la propriété déchlorurante de CI? Ca serait beaucoup moins importante qu’on aurait pu le supposer, l'augmentation des chlorures urinaires étant en grand: partie due à la présence de CI? Ca. Celui-ci provoque une diurèse certaine, il y aurait en même temps une certaine quantité de CI Na éliminé par le rein. De ce fait, la déchloruration serait un phénomène secondaire à la diurèse. On peut encore admettre que dans les cas d’imperméabilité partielle du rein aux chlorures une plus grande facilité d'élimination du CI? Ca qui entraînerait avec lui une

Er aR =

certaine quantité de C] Na. C'est d’ailleurs là la théorie donnée par Blum à propos de l’action diurétique du CI K avant qu’il n'ait trouvé l’antagonisme des ions, il dit que le CI K traverse le rein avec une grande facilité entraînant à sa suite du CI Na. I] ne semble pas en être de même pour le chlorure de calcium, car plusieurs auteurs ont rapporté avoir eu des troubles toxiques intenses en donnant du CI* Ca à hautes doses dans des cas d’imperméabilité rénale grave et d’insuffisance cardiaque entraînant un mauvais fonctionnement du rein. Pour notre part, nous avons constaté chez nos malades une apparition rapide des troubles ioxiques quand l’ascite était liés à des troubles du cœur.

2 Cocu fait jouer un rôle à la question des molécules et des ions et fait valoir qu'il existe, vu la concentration minérale des milieux de l’organisme du Ci Na moléculaire et dissocié en ses ions.

Si d'autre part, on injecte dans la veine une certaine quantité de CI? Ca en solution, on ajoute à l'organisme un électrolyte dans lequel le médicament se trouve en partie à l’état de molécules entières et en partis dissocié en ses ions. La dissociation est fonction du degré de concentration de la solution injectée et par suite la proportion de molécules dissociées c'est-à-dire d'ions £st essentiellement variable. Or, si la substitution des ions invoquée est acceptable quand il s’agit de molécules entières elle n’est plus compréhensible lorsqu'on veut l'appliquer aux ions.

L'auteur s'appuie aussi sur ce fait qu’il est impossible de déceler la naturz des ions CI qui apparaissent dans l’urine après une cure de CI? Ca, car le CI introduit par voie veineuse s'ajoute au CI ionique existant déjà dans les tissus et provenant de la dissociation de molécules de CI Na.

. De même la diminution du sodium dans le sang est une chose imprécise, car il n’est pas possible par la seule analyse chimique de préjuger du degré d’ionisation de la solution analysée; sa variation quantitative ne peut donner que des précisions relatives quand il s’agit du sodium moléculaire. « Dans les électrolytes, toutes ies réactions chimiques sont des réactions d'ions. La dissociation moléculaire qui peut être faible au début de l'analyse se complète et s'achève au fur et à mesure que s’opèrent ces réactions. »

3° Achard et Leblanc injectant des sels de Ca dans les ascites cirrhotiques n’ont constaté dans les liquides que des variations trop faibles de Na pour expliquer l’action hydragogue par un déplacement d'ions.

4° Le chlorure de calcium provoque une forte diurèse, il enlève donc à l’organisme une certaine quantité d’eau avec une proportion plus ou moins considérable de matières dissoutes. D'autre part, il contribue lui-même pour son propre compte à une perturbation de la concentration des milieux organiques qui se traduit par des courants osmotiques tendant à rétablir l’isotonisme. Il est donc normaj que le taux d’une subsiance saline soit inconstant dans un milieu donné à plus forte raison quand il s’agit du sodium qui a sous forme de CI Na un rôle régulateur important.

Sa variation dans le sang ne prouve pas qu’il soit déplacé par un antagonisme existant entre lui et le Ca, il peut l’être par toute autre cause, notamment son rôle dans la fixité de la concentration organique. Nous avons répété l'expérience de Blum en opérant de la façon suivante : Au lieu de provoquer une réaction inflammatoire œdémateuse par une substance irritante comme l'essence de moutarde, nous nous sommes servi d’une solution saturée de CI Na, sel existant normale-

ment dans l’organism: et participant lui-même à la formation des œdèmes. Nous avons ainsi créé au point d'injection un foyer très concentré, provoquant, pour que sa résorbtion s'effectue normalement, un appel de liquide nécessaire à sa dilution.

Nous avons pratiqué l'injection d’une petite quantité d'une solution saturée de CI Na sous la peau du crâne, sur un sujet témoin et sur un autre ayant reçu préalablement, pendant trois jours, 3 grammes de CI° Ca en intraveineuse. Nous nous sommes basé pour l'appréciation des résultats sur la vitesse de formation de l’œdème, sur son importance et sur le temps de résorption. Nous avons ainsi pu constater que la réaction œdémateuse sur le sujet ayant subi la médication calcique était beaucoup moins importante mais qu’elle existait et que d’autre part l’apparition de cet œdème était beaucoup plus lente que sur le sujet témoin, le temps de résorption, au contraire, était diminué. |

Nous avons donné à ces phénomènes l'interprétation suivante : Par l'injection saturée de CI Na on créait en un point de l'organisme un milieu bsaucoup plus concentré et ceci avec la substance même servant au maintien de l’isotonisme de l’économie. Cette concentration forte devait amener une accumulation de liquide nécessaire à la dilution du sel et ensuite sa résorption à un= concentration beaucoup plus faible. Le CI? Ca injecté a eu pour effet non pas d’empécher l’organisetion de l’œdème, mais de la ralentir; c’est-àdire qu'il faisait obstacle à la force attractivs de la solution injectée, soit en atténuant la force osmotique due à la présence d’une substance plus concentrée que le milisu sanguin, soit qu'il ait enlevé à l'organisme les moyens nécessaires pour réagir, c’est-à-dire une certaine disponibilité en eau.

Page 1