CHAPITRE II
Considérations générales sur l’ascite des Carnivores
L’ascite est un syndrome caractérisé par l’épanchement dans le péritoine d’un liquide inflammatoire ou non suivant les cas. C’:st l’hydropisie du péritoine. Elle est surtout fréquente chez les carnivores et les oiseaux, rare chez les ruminants, exceptionnelle chez le cheval.
Nous pouvons considérer deux sortss d’ascites. Les as-
cites mécaniques et les ascites non mécaniques, ces dernières comprenant les ascites dyscrasiques et les ascites inflamma- {cires. Dans celles d'origins mécanique, il faut considérer la lésion causale primitive, soit hépatique, soit cardiaque, pulmonaire ou rénale.
Ascile hésatique. — Elie est due à un trouble mécanique e la circulation porte. Lorsqu'il y a barrage porte il y a hype'tinsion poriale produisant un engorgement de la rate et des troubles sérieux de la en intestinale ayant comme conséquence de la dyssepsie. Il se produit alors une stase sanguine dans les vaisseaux Le la paroi abdominale, stas: veincuse ct hypertension amenant l’extravasation du plasma sanguin €i la formation de l’épanchement.
Les obstacles à la circulation porte sont assez nombreux, chez l’homme. On considère que c’est principalement la cir-
rhose veineuse, elfe se rencontre assez souvent chez nos animaux; on voit aussi la cirrhose parasitaire due à la coccidiose capabl: de provoquer l’ascite, Comme causes moins fréquentes des ascites hépatiques, on peut aussi invoquer Îles tumeurs du foie, la tuberculose du foie et aussi assez rare-
ment les lésions hypertrophiques d:s ganglions du hile.
Ascite cardiaque. — Les maladies du cœur quand elles atteignent un certain degré de gravité sont susceptibles de produire de l’ascite. Les myocardites, les endocardites, les insuffisances valvulaires et enfin les péricardites. Ces affections peuvent créer l’épanchement ascitique suivant deux mécanismes différents. D’une part en provoquant la stase sancuine ds la veine cave. Cette stase veineuse retentit immédistement sur le foie qui se congestionne. Si cette congestion se prolonge, on aboutit fatalement à la cirrhose, puis à l’hycetension portale, on revient ainsi au mécanisms précédent.
’autre part, l'insuffisance cardiaque amène un engorgement général de tout le système veineux donnant hydrothorax et ascite.
Maladies chroniques du poumon. — L:s cas d’ascite obervés sont surtout dus à la strongylose pulmonaire et à l’emphysème des vieux chiens. Une affection chronique du poumon fatigue le cœur droit, celui-ci se dilate, ce qui aboutit à une insuffisance tricuspidienne donnant de la stase veineuse d'où congestion du foie, hypertension portale et ascite. L’ascite peut de même apparaître sans que le foie soit intéressé.
Maladies du rein, — [La rétention chlorurée dus à la lésion rénale peut jouer un grand rôle dans certaines formes de néphrites. La néphrite chronique peut encore provoquer
l’ascite en agissant directement sur le cœur, produisant une hypertrophie compensairice, puis une dilatation des cavités cardiaques et nous revenons au cas précédent.
Ascites dyscrasiques, — L’épanchement serait dû à une modification de la composition chimique d2s humeurs. Les ascites des grandes cachexies, celle consécutive à la néphrite chronique, il y aurait en même temps comme cause une im-
erméabiiité rénale au chlorure ds sodium.
ÂAscites inflammatoires. — Dues à l’altération de la séreuse péritonéale qui sécrète en excès et ne résorbe plus. ll s’agit ici, à la vérité de péritonite chronique que seul un vice de langage traditionnel en médecine vétérinaire conduit à classer dans les ascites.
On peut les classer en : ascites tuberculeuses ;
ascite cancéreuse ; ascite parasitaire par Dithyridium Baiileti larve de mésocestoides linéatus.
Symptomatologie
Elle doit être divisée en symptômes physiques et en symptômes fonctionnels.
Syrmptômes physiques. — Ils se manifestent par l’accroissement progressif et plus ou moins rapide du ventre. Il est manifeste en région déclive, chez certains animaux qui ont une grande élasticité de la paroi abdominale, l’ombilic traîne presque à terre. Le flanc =st creusé, les apophyses épineuses et transverses des lombes font saillie et se dessinent. La colonne vertébrale est généralement un pzu voussée. Si on met le sujet sur le dos, on a « le ventre de grenouille » ; le ven-
tre s'étale sur les côtés en prend un aspect tout à fait caractéristique. Si on met l’animal sur les postérieurs, le ventre déborde le pubis ; sur les antérieurs, on accroît la difficulté respiratoire par compression du diaphragme par le poids du liquide de l’épanchement.
La paroi abdominale est flasque en région supérieure et plus ou moins tendue vers le bas. À la percussion, on dénote de la matité en région déclive. Le plus intéressant est d’associer la palpation à la percussion, On place une main bien à plat sur l'abdomen et avec l’autre on donne de légères secousses répétées. On produit ainsi des ondes liquides qui viennent buter contre la paroi opposée en donnant sur la main la « sensation de flot » tout à fait caractéristique. Il faut se méfier toutefois de certaines parois abdominales fiasques qui pourraient amener des erreurs de diagnostic. Pour l’éviter il est préférable d'opérer sur le sujst étendu sur je ventre ou faire soulever le ventre par la main d’un aide.
À la percussion auscultée, on entend le bruit de flot, on écoute d’un côté pendant qu’un aide percute de l’autre. On peut aussi pratiquer la succussion : c’est une méthode imprécise et inélégante, surtout applicable chez les petits animaux.
Symptômes fonctionnels. — Le signe qui frapps au premier examen, c’est une gêne respiratoire plus ou moins marquée. La paroi abdominale étant surchargée et le diaphragme comprimé on a toujours une dyspnée intsnse et même du soufle labial suriout si la lésion causale est d’origine pulmonaire,
On a aussi la plupart du temps des troubles digestifs qui peuvent être très graves si l’ascits est ancienne : alternatives
de constipation et de diarrhée, vomissements, dyspepsie. On a toujours une diminution de l'appétit plus ou moins marquée.
La vessie étant comprimée on observera aussi fréquemment de la pollakyurie s’accompagnant d’oligurie et même dans certains cas d’anurie totale. On constate enfin les symptômes cliniques de la lésion causals primitive.