‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 113 sur 168 · LEBRUN · texte numérisé non relu

LEBRUN

Eût-il sans ce tableau magique.

Dont son noble cœur est flatté , Rompu le charme léthargique De l'indolente Volupté ?

Eût-il dédaigné les richesses?

Eût-il rejeté les caresses Des Circés aux brillants appas ?

Et, par une étude incertaine, Acheté l'estime lointaine Des peuples qu'il ne verra pas ?

Ainsi, l'active chrysalide, Fuyant le jour et le plaisir , Va filer son trésor liquide Dans un mystérieux loisir.

La nymphe s'enferme avec joie Dans ce tombeau d'or et de soie Qui la voile aux profanes yeux , Certaine que ses nobles veilles Enrichiront de leurs merveilles Les rois, les belles et les dieux.

Ceux dont le présent est l'idole

Ne laissent point de souvenir :

Dans un succès vain et frivole

Ils ont usé leur avenir.

Amants des roses passagères,

Us ont les grâces mensongères

Et le sort des rapides fleurs ;

Leur plus long règne est d'une aurore :

Mais le temps rajeunit encore

L'antique laurier des neuf sœurs.

Jusques à quand de vils Procustes Viendront-ils au sacré vallon,

Souillant ces retraites augustes, Mutiler les fils d'Apollon?

Le croirez-vous, races futures?

J'ai vu Zoïle aux mains impures, Zoïle outrager Montesquieu!

Mais quand la Parque inexorable Frappa cet homme irréparable, Nos regrets en firent un dieu.

Quoi ! tour à tour dieux et victimes, Le sort fait marcher les talents Entre l'Olympe et les abîmes, Entre la satire et l'encens !

Malheur au mortel qu'on renomme !

Vivant, nous blessons le grand homme ; Mort, nous tombons à ses genoux.

On n'aime que la gloire absente :

La mémoire est reconnaissante ; Les yeux sont ingrats et jaloux.

Buffbn, dès que, rompant ses voiles Et fugitive du cercueil, De ces palais peuplés d'étoiles Ton âme aura franchi le seuil ; Du sein brillant de l'empyrée Tu verras la France éplorée T'offrir des honneurs immortels, Et le temps, vengeur légitime, De l'envie expier le crime, Et l'enchaîner à tes autels.

Letonn w promet rtmmorttUtté.

Grâce à la muse qui m'inspire.

Il est fini ce monument

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