‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 124 sur 168 · PARNY · texte numérisé non relu

PARNY

PARNY (Evariste-Désiré Dbsforges , chevalier de) , naquit à l'île Bourbon, en 1753. Ce poète sut, à une époque où le mauvais goût dominait, rester constamment pur, élégant et naturel. Jamais dans ses vers la recherche et l'affectation n'altèrent la naïveté ou la grâce du sentiment. Ses Poésies élégiaques sont des chefs-d'œuvre de style, et ses petits poèmes des Tableaux et des Fleurs brillent particulièrement de ces couleurs douces et suaves dont il a embelli toutes ses compositions.

Parny mourut à Paris, le 5 décembre 181 A.

Le Printemps et les Fleuri*

Printemps chéri, doux matin de l'année , Console-nous de l'ennui des hivers ; Reviens enfin, fet Flore emprisonnée Va de nouveau s'élever dans les airs.

Qu'avec plaisir je compte tes richesses ! Que ta présence a de charmes pour moi ! Puissent mes vers, aimables comme toi, En les chantant, te payer tes largesses ! Déjà Zéphire annonce ton retour.

De ce retour modeste avant-courrière, Sur le gazon la tendre primevère S'ouvre et jaunit dès le premier beau jour. A ses côtés la blanche pâquerette Fleurit sous l'herbe et craint de s'élever.

Vous vous cachez , timide violette ,

Mais c'est en vain ; le doigt sait vous trouver :

Il vous arrache à l'obscure retraite

Qui recelait vos appas inconnus :

Et, destinée aux boudoirs de Cythère,

Vous renaissez sur un trône de verre ,

Ou vous mourez sur. le sein de Vénus.

L'Inde autrefois nous donna l'anémone ,

De nos jardins ornement printanier.

Que tous les ans , au retour de l'automne ,

Un sol nouveau remplace le premier,

Et tous les ans la fleur reconnaissante

'Reparaîtra plus belle et plus brillante.

Elle naquit des larmes que jadis

Sur un amant Vénus a répandues.

Larmes d'amour , vous n'êtes point perdues ;

Dans cette fleur je revois Adonis.

Dans la jacinthe , un bel enfant respire ;

J'y reconnais le fils deTiérus.

Il cherche encor les regards de Phébus ;

Il craint encorde souffle de.Zéphire.

Des feux du jour évitant la chaleur ,

Ici fleurit l'infortuné Narcisse ;

Il a toujours conservé la pâleur

Que sur ses traits répandit la douleur. .

Il aime l'ombre , à ses ennuis propice ;

Mais il craint l'eau, qui causa son malheur.

N'oublions pas la charmante cortule ;

Nommons aussi l'aimable renoncule ,

Et la tulipe , honneur de nos jardins.

Si leurs parfums répondaient à leurs charmes,

La rose alors, prévoyant nos dédains ,

Pour son empire aurait quelques alarmes.

(Podûit diverttt.)

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