A&6 TEKS
Et folié et radieuse, ivre de ta victoire, Tu vins du bout des doigts tirer ©a barbe noire, Toi qui tremblais alors, peureuse, en la baisant; Mais tu n'en as plus peur : elle est blanche à présent.
(La FUI* du Cid.J
Songe du Jeune Edouard. '.-'.
tt ...
Pour le couronnement on nous cheraftàil tous *bëbl. ; t.
Je t'ai dit : « Viens, Richard, m* mère mus appelé?»
Et, te prenant la main, je voulais fuir jprèstTdîe .
Un tigre dont les yeux semblaient irouamenacer. * \ ^-y,
Mes pieds inarehaœnt, couraient sans pouvoir avancer, •
Et toujours, mais en vaii&. ^ .. ;
Tout à coup à Windsor je «te crus transporté ;
Le feuillage tremblait par les vents agité ;
Leur souffle tiède et lourd annonçait un orage
Pour deq* i^ toutes
Sur un mên*erameait confondant; haïr parfum, ^ '
L'un à i'JiutratfjBlacés, seaabbjentn'eiLfonnerqa'flB*
Unis comme eux, Richard, nous admirions leurs «karma.
En voyant l'eau du ciel qui les couvrait de larmes, *
Je les pris en pitié «ans deviner pourquoi,
Et tu me dis alors : « Mon frère, un d'eux, c'est toi ?
L'autre, c'est moi. » Soudain 1* far brille. O prodige!
Le sang par jets .vermeils s'échappe <J© tear tige,^
Comme si c'était moi qui k perdais* te «aog; ' :
Mon cœur vint à faillit ; ma mai» en se baissant,
Pour chercher danfc la nuit leurs feuilles dispensées,
Toucha de deux enfants les dépouilles glacées.
Puis je ne sentis plus ; mais j'entendis des voit
Qui disaient : « Portez-lés au tombeau de *os rois. »
G. DEIAVIGNE. 487
Les Journalistes.
Moi , j'irais caresser jusqu'en son tribunal
Quelque arbitre du goût dont la feuille éphémère
Distille les poisons d'une censure amère ;
Au bon sens , au bon droit donne un plat démenti ,
Pour juger un auteur consulte son parti ;
Aigrit nos passions et dénonce à la France
L'écrit qu'il n'a pas lu , mais qu'il flétrit d'avance !
Voilà donc les faux dieux que je dois encenser !
Ah ! croyez-moi, leurs traits ne peuvent m'offensef.
Qu'ils soient ines ennemis , que leur courroux m'accable ,
Qu'ils me déchirent , soit : leur haine est honorable.
Il est , n'en doutez pas , il est d'autres censeurs ,
Du talent méconnu courageux défenseurs , '*•
Qui lui prêtent leur voix avant «JuHl la réclame ,
Qui ne trafiquent point de l'éloge ou du blâme,
Et gardant pour le vice une juste fureur ,
Des travers de l'esprit se moquent sans aigreur.
Je rends trop de justice^ ces rares mérites
Pour les importuner de mes lâches visites.
Si je cueille un laurier par la gloire avoué ,
Je ne connaîtrai point celui qui m'a loué.
Au moins je pourrai dire : « Il écrit ce qu'il pense. »
Est-il quelques chagrins que ce mot ne compense ,
Qu'il ne fasse oublier , qu'il né change en plaisirs ?
Tel est le but constant qu'embrassent mes désirs :
Inestimable bien , honneur digne d'envie ,
Que je paîrai trop peu du repos de ma vie.
(Ut CmUélmu.)
Le Célibataire.
Je ne suis pas de ceux qui font leur volupté
Des embarras charmants de la paternité ,
Pauvres dans l'opulence, et dont la vertu brille
A se gêner quinze ans pour doter leur famille ;
De ceux qu'on voit pâlir , dès qu'un jeune éventé
Lorgne en courant leur femme assise à leur côté ;
Et , geôliers maladroits de quelque Agnès nouvelle ,
Sans fruit en soins jaloux se creuser la cervelle.
Jamais le bon plaisir de madame Bonnard ,
Pour danser jusqu'au jour ne me fait coucher tard,
Ne gonfle mon budget par des frais de toilette ;
Et jamais ma dépense, excédant ma recette,
Ne me force à bâtir un espoir mal fondé
Sur le tesrain mouvant du tiers consolidé.
Aussi , sans trouble aucun , couché près de ma caisse ,
Je m'éveille à la hausse ou m'endors à la baisse.
A deux heures je dîne : on en digère mieux.
Je fais quatre repas comme nos bons aïeux ,
Et n'attends pas à jeun , quand la faim me talonne /
Que ma fille soit prête, ou que ma femme ordonne.
Dans mon gouvernement , despotisme complet :
Je rentre quand je veux , je sors quand il me plaît ;
Je dispose de moi , je m'appartiens , je m'aime ,
Et sans rivalité je jouis de moi-même.
Célibat ! célibat ! le lien conjugal
A ton indépendance offre-t-il rien d'égal ?
Je me tiens trop heureux , et j'estime qu'en somme
Il n'est pas de bourgeois , récemment gentilhomme ,
De général vainqueur , de poëte applaudi ,
De gros capitaliste à la bourse arrondi ,
Plus libre , plus content , plus heureux sur la terre ,
Pas même d'empereur , s'il n'est célibataire.
(VEcol* ie$ wieillaré$.J