V. HUGO
HUGO (Victor) naquit à Besançon le 26 février 1802.
Ses débats dans la carrière littéraire furent aussi précoces que remarquables. Eu 1817, il concourut pour le prix de poésie de l'Académie française; et de 1817 à 1820 , il fut couronné trois fois par r Académie des jeux floraux pour des odes qui sont peut-être ses plus belles créations lyriques.
Parmi les ouvrages qu'il a publiés, on met au premier rang les Oies, les Orientales, le Dernier jour d'un condamné, Notre-Dame de Paris, les Feuilles d'Automne, les Chants du Crépuscule, et les Voie intérieures.
Gomme poète, M. Victor Hugo se fait remarquer par la richesse du coloris, l'abondance des images et par une énergique et puissante inspiration; comme prosateur, il réunit dans son style les différents mérites qui caractérisent sa poésie; et c'est avec raison que Ton considère son roman de Notre-Dame de Paris comme une des productions qui ont le plus contribué à sa réputation comme écrivain.
M. V. Hugo a composé plusieurs drames , dont le meilleur est , sans contredit, Hernani. Les belles scènes qu'on trouve dans ces drames font regretter que l'auteur n'ait pas adopté la forme correcte et toute classique qui distingue nos grands modèles.
M.Victor Hugo est entré à l'Académie française le 3 juin 1841.
Moïse sauvé des caox.
« Mes sœurs, Tonde est plus fraîche aux premiers feux du jour, Venez; le moissonneur repose en son séjour ;
La rive est solitaire encore.
M emphis élève à peine un murmure confus , Et nos chastes plaisirs sous ces bosquets touffus
N'ont d'autres témoins que l'Aurore.
» Au palais de mon père on voit briller les arts ;
Mais ces bords pleins de fleurs charment plus mes regards
Qu'un bassin d'or ou de porphyre; Ces chants aériens sont mes concerts chéris ; Je préfère aux parfums qu'on brûle en nos lambris
Le souffle embaumé du zéphire !
«Venez: l'onde est si calme et le ciel est si pur ! Laissez sur ces buissons flotter les plis d'azur
De vos ceintures transparentes; Détachez ma couronne et ces voiles jaloux ; Car je veux aujourd'hui folâtrer avec vous ,
Au sein des vagues murmurantes»
» Hâtons-nous... Mais , parmi les brouillards du matin, Que vois-je?... Regardez k l'horizon lointain...
Ne craignez rien , filles timides !
C'est sans doute , par Fonde entraîné vers les mers , Le tronc d'un vieux palmier qui , du fond des déserts ,
Vient visiter les Pyramides.
» Que dis-je? si j'en crois mes regards indécis , C'est la barque d'Hermès ou la conque d'Isis
Que pousse une brise légère. Mais non : c'est un esquif où , dans un doux repos , J'aperçois un enfant qui dort au sein des flots,
Comme on dort au sein de sa mère !
» Il sommeille; et, de loin, à voir son lit flottant , On croirait voir voguer, sur le fleuve inconstant ,
Le nid d'une blanche colombe.
Dans sa couche enfantine il erre au gré du vent ; - L'eau le balance, il dort, et le gouffre mouvant
Semble le bercer dans sa tombe !