‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 161 sur 168 · V. HUGO · texte numérisé non relu

V. HUGO

» Il s'éveille : accourez, Ô vierges de Memphis ! Il cr ie, . . Ah ! quelle mère a pu livrer son fils

Au caprice des flots mobiles ?

U tend les bras ; les eaux grondent de toute part. Hélas ! contre la mort il n'a d'autre rempart

Qu'un berceau de roseaux fragiles.

» Sauvons-le... C'est peut-être un enfant d'Israël. Mon père les proscrit : mon père est bien cruel

De proscrire ainsi l'innocence !

Faible enfant ! ses malheurs ont ému mon amour , Je veux être sa mère : il me devra le jour,

S'il ne me doit pas la naissance. »

Ainsi parlait Iphis, l'espoir d'un roi puissant, Alors qu'aux bords du Nil son cortège innocent

Suivait sa course vagabonde ; Et ces jeunes beautés qu'elle effaçait encor , Quand la fille des rois quittait ses voiles d'or ,

Croyaient voir la fille de l'onde.

Sous ses pieds délicats déjà le flot frémit Tremblante , la pitié vers l'enfant qui gémit

La guide en sa marche craintive ; Elle a saisi l'esquif ! Fière de ce doux poids , L'orgueil sur son beau front , pour la première fois ,

Se mêle à la pudeur naïve.

Bientôt divisant l'onde et brisant les roseaux , Elle apporte à pas lents l'enfant sauvé des eaux

Sur le bord de l'arène humide :

Et ses sœurs tour à tour, au front du nouveau-né , Offrant leur doux sourire à son œil étonné ,

Déposaient un baiser timide.

Accours, toi qui, de loin, dans un doute cruel , Suivais des yeux ton fils sur qui veillait le ciel ;

Viens ici comme une étrangère ; Ne crains rien : en pressant Moïse entre tes bras , Tes pleurs et tes transports ne te trahiront pas :

Car Jphis n'est pas encor mère !

Alors , tandis qu'heureuse et d'un pas triomphant , La vierge au roi farouche amenait l'humble enfant,

Baigné des larmes maternelles, On entendait en chœur , dans les deux étoiles, Des anges , devant Dieu , de leurs ailes voilés ,

Chanter les lyres éternelles :

« Ne gémis plus , Jacob , sur la terre d'exil ; Ne mêle plus tes pleurs aux flots impurs du Nil :

Le Jourdain va t'ouvrir ses rives.

Le jour enfin approche où vers les champs promis Gessen verra s'enfuir , malgré leurs ennemis,

Lès tribus si long-temps captives.

» Sous les traits d'un enfant délaissé sur les flots , C'est l'élu du Sina , c'est le roi des fléaux ,

Qu'une vierge sauve de l'onde.

Mortels, vous dont l'orgueil méconnaît l'Éternel, Fléchissez : un berceau va sauver Israël,

Un berceau doit sauver le monde ! »

(<Mm 0t BaUmdt.)

Le Chant du cirque.

César, empereur magnanime , Le monde , à te plaire unanime, A tes fêtes doit concourir.

Éternel héritier d'Auguste , Salut ! prince immortel et juste , César t sois salué par ceux qui vont mourir.

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