Je me résistai tellement. 2. Nul ne me secourir
hk VERS.
Et ce qui rend plus dure La misère où je vis, C'est, es maux x que j'endure, La mémoire de l'heur 2 que le ciel m'a ravi.
Félicité passée Qui ne peux revenir :
Tourment de ma pensée, Que n'ai-je, en te perdant, perdu le souvenir!
Hélas ! il ne me reste De mes contentements Qu'un souvenir funeste, Qui me les convertit à toute heure en tourmente.
Le sort plein d'injustice M'ayant enfin rendu Ce reste un pur supplice, Je serais plus heureux si j'avais plus perdu.
J. Dans les maux. 2. Du bonheur.
MALHERBE (François de) naquit à Gaen , d'une famille noble. Avant loi la France n'avait pas encore de langue poétique dans le genre élevé. Malherbe seul révéla toutes les richesses de notre versification : beauté d'expressions et d'images, mouvements rapides et sublimité d'idées, enthousiasme, nombre, cadence, rien ne manque à ses belles odes. Personne ne connut mieux que lui les effets de l'harmonie, personne n'eut plus de goût. On s'étonne et l'on admire en comparant son noble langage aux locutions barbares des émules de Ronsard. Il réussit moins bien dans le genre parement gracieux. Il était d'une extrême sévérité dans le choix des mots. Peut-être même poussa-t-il trop loin la délicatesse : car c'est lui qui commença , sur la langue française , ce travail d'épuration continué dans l'âge suivant par l'Académie , qui nous a fait perdre une foule d'excellents mots usités dans le xvie siècle.
Dieu seul eut grand.
N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde ; Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde Que toujours quelque vent empêche de calmer !. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre ;
C'est Dieu qui nous fait vivre ,
C'est Dieu qu'il faut aimer.
fin vain pour satisfaire à nos lâches envies,
Nous passons près des rois tout le temps de nos vies
1. Être calme. Ce verbe se pre- aujourd'hui il ne se prend qn'acnait alors dans le sens intransitif; tivement de rendre calme*
A souffrir des mépris, et ployer les genoux ;
Ce qu'ils peuvent n'est rien, ils sont ce que nous sommes ,
Véritablement hommes,
Et meurent comme nous.
Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière
Que cette majesté si pompeuse et si fière ,
Dont l'éclat orgueilleux étonnait l'univers ;
Et dans ces grands tombeaux où leurs âmes hautwfft
Font encore les vaines,
Ils sont rongés des vers.
Là, se perdent ces noms de maîtres de la terre, D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre ; Comme ils n'ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteurs : Et tombent avec eux d'une chute commune ' ,
Tous ceux que la fortune
Faisait leurs serviteurs,
Paraphratt du ptçum* avr.J
A« roi Henri-le-Grand , sur l'heureux succès du voyage 4e Sedan (1600).
Enfin , après les tempêtes, Nous voici rendus au port; Enfin nous voyons nos têtes Hors de l'injure du sort :
Nous n'avons rien qui menace De troubler notre bonace2 ; Et ces matières de pleurs 3 , Massacres, feux et rapines»
De leurs funestes épines Ne gâteront plus nos fleurs.