MALLEVILLE
Le ministre fameux que cette tombe enserre jVe témoigne que trop aux yeux de l'univers Que la pourpre est sujette à l'injure des vers , Et que l'éclat du monde est un éclat de verre.
Tous les astres veillaient au soin de sa grandeur , Augmentaient tous les jours sa pompe et sa splendeur, Et rendaient en tout lieu sa puissance célèbre.
Cependant sa puissance a trouvé son écueil ; Sa pompe n'est plus rien qu'une pompe funèbre ; Et sa grandeur se borne à celle d'un cercueil.
Sur la mort d'une dame bienfaisante-
Celle qui fut du ciel le plus parfait ouvrage , Celle en qui tous les dieux mirent tous leurs trésors , De la Parque inhumaine a senti les efforts, Et vu dès son printemps le terme de son âge.
Elle avait mille attraits d'esprit et de visage, C'était une merveille et dedans et dehors, Et l'on n'eût su juger si les grâces du corps Sur les grâces de l'âme emportaient l'avantage.
Daphnis, perds le dessein de ce beau monument, Où le soin de son nom t'occupe incessamment, Sa vertu t'en dispense et pourvoit à sa gloire :
Ceux à qui ses bienfaits ont été départis,
Font l'effet de ton zèle , et sauvant sa mémoire,
Sont les vivants tombeaux que sa main a bâtis.
Rondeau contre Bolsrobert.
Coiffé d'un froc bien raffiné, Et revêtu d'un doyenné
Qui lui rapporte de quoi frire , Frère René devient inessire , Et vit comme un déterminé.
Un prélat riche et fortuné ', Sous un bonnet enluminé 2, En est , s'il le faut ainsi dire , Coiffé 3.
Ce n'est pas que frère René D'aucun mérite soit orné :
Qu'il soit docte, ou qu'il sache écrire , Ni qu'il dise le mot pour rire *, Mais c'est seulement qu'il est né Coiffé5.